Contre-Regards

par Michel SANTO

Lecture de « Femme de chambre » de Markus Orth…

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Femme de chambre dans un hôtel, après des mois passés en isolement et rééducation dans une clinique, Lynn y satisfait son obsession du nettoyage. Elle chasse la saleté, la moindre souillure réelle ou fantasmée. Sans limites !  Tous les mardis, elle se glisse sous le lit de la chambre 304. Elle observe la face cachée de ceux qui y séjournent. S’insinue dans leur vie. Le soir, elle s’enferme dans une solitude sauvage. Un mardi c’est un homme infidèle qui se paye du plaisir avec Chiara : une belle de nuit, corps et âme en liberté. Elle offrira à Lynn quelques caresses, facturées… «Je voudrais qu’une seule fois quelqu’un soit couché sous mon lit, je voudrais qu’un jour seulement quelqu’un écoute ma vie », songe Lynn. Femme de chambre un roman  saisissant, fiévreux, de  Markus Orth sur la « vérité de ce monde » : « Les choses, dit-elle, ont leur propre caractère. Il y a toujours une moitié qui nous demeure cachée. » À peine  plus d’une centaine de pages lues d’une traite. Un ton, un style, un univers singulier – qui n’est pas sans rappeler celui de Thomas Bernhard. Et Lynn, qu’on ne quitte plus. Longtemps après avoir tourné la dernière page ! Pour ceux qui n’ont pas encore acheté « Chanson douce » de Leila Slimani – prix Goncourt –, j’en recommande la lecture. Ils pourront alors confronter ces deux figures de Louise et de Lynn. Une « nounou » meurtrière et une femme de chambre à la raison chancelante et à l’épreuve de la liberté. Chacun de ces deux personnages augmente la richesse interprétative de l’autre. À l’expérience, pour moi, Lynn est celle qui donne le plus à penser sur les limites de la « vérité »…


Femme de chambre. Markus Orths. Traduit de l’allemand par Nicole Casanova, éd. Liana Levi, 2009, 104 p., 14 €.

54 portraits d’hommes et de femmes de pouvoir en Occitanie, par Jacques Molénat | Contre-Regard.com

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Jacques Molénat présentera et dédicacera ce vendredi soir (30 septembre), à 18 heures 30, dans les locaux de « J’aime Narbonne », 18 avenue Pierre Sémard son livre : « Notables, trublions et filous ». Une galerie de 54 portraits, dans laquelle l’auteur nous révèle les motivations les plus profondes de ces hommes et de ces femmes de pouvoir – quatre femmes seulement ! –, qui ont fait la région.

Rectifions et précisons: qui ont géré et gèrent encore, pour le meilleur ou pour le pire, des collectivités territoriales qui font le paysage institutionnel de la Région. Les chefs d’entreprises, à l’exception de quelques rares figures proches de ces milieux, ne figurent en effet  pas dans cette piquante galerie de notables, de trublions et de filous. Un distinguo en réalité jamais fait par l’auteur, la friponnerie et la provocation étant des qualités propres à tout bon notable installé… soucieux de le rester.

Itou de la bipolarisation Droite Gauche, que Jacques Molénat fait voler en éclat en dévoilant tout ce que l’idéologie masque de susceptibilités, haines recuites, confrontations d’ambitions, et querelles de clans dans le quotidien de ces hommes et de ces femmes. On se déteste plus entre camarades qu’entre concurrents politiques. Comme le remarque justement Jean François Kahn dans sa préface: « Georges Frêche détestait moins son concurrent de droite, Willy Diméglio, qu’il n’exécrait le président socialiste du conseil général de l’Hérault, Gérard Saumade ou que ne l’insupportait celle, également socialiste, qu’il avait mise en place à la mairie de Montpellier et qui eut le front de le défier : Hélène Mandroux. Georges Frêche lui-même était, sans doute, moins haï à droite que ne le fut le député UMP villepiniste (aujourd’hui sénateur) Jean-Pierre Grand.« 

Le maître et l’élève (Une relecture du « Premier homme » d’A.Camus)

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Qu’il me soit permis de dédier ces quelques lignes a une institutrice (Pardon! Une professeur des écoles) qui m’est particulièrement chère et qui se reconnaîtra.

C’est une bien belle histoire que je voudrais vous conter ici. Une histoire si belle et si émouvante qu’on pourrait croire à un conte de fées, et pourtant, j’en témoigne, elle est parfaitement authentique.

Il était une fois, donc, puisque les contes commencent souvent ainsi, un enfant qui vivait difficilement un début de vie aléatoire dans un beau pays brûlé de soleil, de l’autre coté de la mer. Cet enfant était orphelin de père, pupille de la nation. Son père avait été tué en 1914 dans les premières semaines de la guerre, il était mort, là bas, dans un pays de boue et de grisaille, sur les coteaux de la Marne, loin, très loin de son ciel gorgé de lumière. On l’avait arraché a ses champs et ses vignes et on l’avait envoyé mourir là sans qu’il ait très bien compris pourquoi.

Deux ouvrages pour découvrir Narbonne l’été, notamment…

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Deux ouvrages écrits par des narbonnais soucieux du patrimoine, de sa valorisation et de sa découverte par le plus grand nombre: résidents permanents ou de passage, sont désormais disponibles dans les librairies du centre ville de Narbonne. D’un genre très différent, ils ont le mérite de sortir du cadre  restreint des livres érudits destinés à un cercle très étroit d’initiés et du tout-venant des brochures – et cartes – touristiques distribuées dans les principaux lieux visités de la cité.

Réflexion sur l’écrivain et sa mère (à partir du « livre de ma mère » d’Albert Cohen)

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« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte »

C’est la première page du chef d’œuvre d’Albert Cohen que je viens de relire, et c’est les yeux encore rouges et la gorge nouée que j’écris ces quelques lignes.

Albert Cohen, ses phrases, si belles, si longues, si larges et lourdes d’infini qu’on s’y roulerait dedans comme dans une eau bienheureuse. Il nous le dit et il en pleure : « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles » Chant d’amour infini, ode à la mère, à toutes les mères mortes, ode à toutes celles que nous n’avons pas su ou pu aimer en retour comme nous l’aurions du, élégie de l’éternel regret lorsqu’il est trop tard.

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