Le modèle social français se meurt à petit feu. Trop cher, trop lourd, trop lent. On l’entretient à crédit, comme une vieille maison dont les murs craquent. Et on repeint sa façade, en parlant de justice, d’égalité, de solidarité.
Théâtre + Cinéma – scène nationale Grand Narbonne. Hier après-midi. 15 heures. J’ai vu la vérité. Pas celle des tribunaux ou des hommes de Dieu, celle qui brûle sur la plage et qui tient l’indifférence à bout de bras.
Le grand café n’est plus. Il en reste un morceau, côté Robine. Le 89. Un Australien, ancien du Racing, tient la maison. Le reste, celui de l’angle, s’est fait boulangerie-pâtisserie. Devant, la terrasse. Nous y étions encore hier. Nous aimons prendre, régulièrement, de grands cafés crème.
J’ignorais que le Louvre abritait des bijoux. Des vrais. Pas ceux des boutiques de la rue Saint-Honoré. Huit bijoux du XIXe siècle d’une « valeur patrimoniale inestimable » selon les mots du ministère de la culture. Il a fallu qu’un commando digne d’un film de Belmondo les emporte en quatre minutes pour que j’en apprenne l’existence.
L’affaire m’a plus amusé qu’ému. J’imaginais ces hommes gantés, garer un beau matin leur monte-charge sous une fenêtre du Louvre, découper à la disqueuse une fenêtre, chronométrer leurs gestes, et repartir tranquillement avec des coffrets d’un autre siècle.
Un casse élégant, presque littéraire.
Ce qui m’a davantage fait rire encore, ce sont les réactions d’une bonne partie des médias et de la classe politique. Une « honte pour la France ! », « la France ridiculisée ». Et d’exiger la démission de la directrice du musée, de la ministre Rachida Dati — et, pourquoi pas celle d’Emmanuel Macron.
Grotesque !
Comme s’il n’y avait pas d’autres motifs d’avoir honte dans ce pays.
Car pendant que certains s’indignent pour des bijoux volés, d’autres s’arrachent les cheveux à l’Assemblée. On s’y insulte, on s’y pousse, on s’y donne des leçons de morale.
Pathétique !
Les bijoux du Louvre, eux, dorment peut-être déjà quelque part, démontés, fondus, dissous dans le marché noir. Et la honte est ailleurs : dans la vulgarité de nos débats et la médiocrité de ceux qui les mènent.
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