Contre-Regards

par Michel SANTO

La Région Occitanie ne peut pas se défausser ainsi du « Clos de la Lombarde »…

Ne tournons pas autour du pot, serait-il antique ! Couvrir le « Clos de la Lombarde » pour mettre à l’abri, conserver et présenter au public le seul patrimoine antique visible de Narbonne, relève d’abord de la responsabilité de la Région et de sa présidente madame Delga. Et ce pour une raison simple : la décision prise par George Frêche, alors président de l’ex-Languedoc-Roussillon, de créer un musée régional de la Narbonne antique dans cette ville.

Aux Bernardins, le Président de la République a-t-il « bafoué » la laïcité ?

         

Hourvari ! Pétage de câbles, dirait plutôt mon petit-fils, sur les réseaux sociaux depuis la diffusion, hier, sur la « toile », non pas du discours d’Emmanuel Macron prononcé devant la « conférence des évêques » aux Bernardins, mais d’une « petite phrase », comme d’habitude sortie de son contexte.

«Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer. » Et les chefs de meute de brandir les deux articles de la loi  de 1905 pour nous expliquer que les liens avaient été rompus depuis ; qu’Emmanuel Macron par cette entame de discours voulait les rétablir, reconnaître les cultes et légitimer le communautarisme… Bref, le Président  bafouerait la laïcité et saperait les fondations de notre République.

Je ne vais pas me lancer dans une longue analyse de ce bout de phrase présidentiel, mais tout «bêtement» indiquer que le lien évoqué par Emmanuel Macron n’est évidemment pas juridique, contrairement à ce que suggère intentionnellement ses détracteurs, mais social et politique (entendu au sens large du terme), comme l’Église doit, elle aussi, être comprise dans le sens classique de la «communauté des croyants» et non comme une institution « reconnue » (la  «reconnaissance» renvoyant à un statut juridique ou à des privilèges normatifs – rompus depuis 1905.)

Rien donc qui remette en question la laïcité, bien au contraire, dans le discours présidentiel. Un discours très clair au contraire sur la seule norme qui s’impose à tous, sans discussion ni aménagement : la loi de la République.

Je le cite :

«Je ne demanderai à aucun de nos concitoyens de ne pas croire ou de croire modérément. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Je souhaite que chacun de nos concitoyens puisse croire à une religion, une philosophie qui sera la sienne, une forme de transcendance ou pas, qu’il puisse le faire librement mais que chacune de ces religions,de ces philosophies puisse lui apporter ce besoin au plus profond de lui-même d’absolu. Mon rôle est de m’assurer qu’il ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire mais je lui demanderai de la même façon et toujours de respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la République. C’est cela la laïcité ni plus ni moins, une règle d’airain pour notre vie ensemble qui ne souffre aucun compromis, une liberté de conscience absolue et cette liberté spirituelle que je viens d’évoquer. » 

Au fond, quand on lit attentivement ce texte, sans préjugés ni parti pris idéologique, on comprend quelle est la véritable intention du Président de la République : sortir les « catholiques » d’une instrumentalisation  à des fins électorales.

En effet, d’un côté, une partie de la classe politique (à droite et à l’extrême droite) a surjoué l’attachement aux catholiques ; et, ce faisant les a réduits « à cet animal étrange qu’on appelle l’« électorat catholique » … De l’autre (à gauche), les catholiques ont été relégués «par méfiance acquise et par calcul au rang de minorité militante contrariant l’unanimité républicaine. »

Ce qui lui permet d’affirmer, rejetant l’une et l’autre posture, que s’il était prêt à «écouter» l’Église sur les sujets sociaux (l’accueil des migrants…… ou éthique (PMA, fin de vie, etc. ), «l’État et l’Église appartiennent à deux ordres institutionnels différents, qui n’exercent pas leur mandat sur le même plan.» De sorte que cette dernière ne pouvait avoir qu’une voix questionnante et non injonctive.

Et de terminer son propos par cette remarque : «Nous devons, une bonne fois pour toutes, admettre l’inconfort d’un dialogue qui repose sur la disparité de nos natures, mais aussi admettre la nécessité de ce dialogue car nous visons chacun dans notre ordre à des fins communes, qui sont la dignité et le sens. »

Jean Pierre Denis, le rédacteur en chef de « la Vie » (excellent hebdomadaire !) ne se trompe d’ailleurs pas sur le sens général de ce discours, qui promet aux catholiques des «lendemains», disons, pour être charitable, moins oecuméniques…

Il y aurait bien d’autres commentaires à faire sur ce discours, notamment sur des points passés sous silence et qui pourtant prêtent plus à polémique que «le bout de phrase» abondamment jetée par les médias sur  les réseaux sociaux… Mais voilà, nous vivons, hélas, une époque où nous ne prenons plus le temps que de lire les gros titres, sans prendre celui de réfléchir aux textes qu’ils annoncent !

PJ : le discours du Président de la République est en lien ici  (format PDF)

Les projets de prison et d’aire de grand passage ne doivent pas cacher la forêt proliférante des zones pavillonnaires et d’activités…

       

Voilà un sénateur membre du PS assumant une ligne politique résolument opposée à celle du gouvernement et du Président de la République expliquer à (et dans) la presse et aux personnes qui refusent l’éventuelle implantation d’une prison souhaitée par les élus de ce territoire dans une zone comprise entre Narbonne et Marcorignan, qu’il allait proposer à Emmanuel Macron lui-même (sans rire !) de la déplacer dans le secteur du Lézignanais. Ce qui serait du plus haut comique s’il ne nous prenait pas pour des imbéciles, ou des « dindons ».

Aurès 1935, à la découverte du temps perdu.

   

Thérèse Rivière.

   

Le pavillon populaire de Montpellier consacre une très belle expo aux photographies de Germaine Tillion et Thérèse Rivière : Aurès 1935. Cette exposition prend place dans une thématique consacrée à la photographie documentaire et est à plus d’un titre un bel évènement culturel.

Bruxelles, formes d’une ville en forme…

   

Marie Demunter et Laurent Bonneau publient Bruxelles, un livre de photos et dessins dont le sujet est la capitale de la Belgique et de l’Europe.

On avait déjà vu Laurent Bonneau dans un précédent exercice urbain, Narbonne par Bonneau (Ed. Passé Simple, 2016) qui montrait une centaine de vues de sa ville réalisées avec une même contrainte de moyens, de format et de point de vue.

Le couple n’est pas à son coup d’essai pour ce qui est de la création à deux. Il publie depuis le printemps 2016 le discret périodique Récifs (7 opus aux Ed Lauma), combinant photographies de Marie et dessins de Laurent.

Bruxelles est une émanation de Récifs, mais à une autre échelle. On y retrouve le combo dessin/photo, pour un projet éditorial plus considérable. Comme il est impossible d’embrasser une ville d’un seul regard, Bruxelles est constitué de multiples vues et rencontres, rendant compte d’une capitale au tissu et aux ambiances complexes (quelle grande ville ne l’est pas ?). Comme toujours une grande rigueur formelle caractérise leur travail à la fois vif et contemplatif. Beaucoup d’images sont prises dans les brèches du bruyant tissu urbain, quand se transfigure le banal et se révèle une autre monumentalité, une autre théâtralité de la ville. Bruxelloise d’origine, Marie Demunter a sans doute orienté le travail du duo vers cette quête de l’intime urbain.

Un même regard sensible et en hauteur est porté sur les habitants qui sont comme inclus dans le livre, faisant sonner leurs paroles, voix et récits actuels où il est beaucoup question de multiculturalisme et de la mutation des villes.

L’évidente cohérence de vision du couple n’empêche pas sa dualité plastique : Marie Demunter qui excelle dans la capture des lumières et de leurs métamorphoses, quand Laurent Bonneau est plus du côté des couleurs et de la puissance des silhouettes.

Bruxelles, livre sensible et vivant est publié chez Des ronds dans l’O.

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