𝐋𝐢𝐫𝐞, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬.

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Borges rappelle une chose que notre époque pressée feint d’avoir oubliée : lire un livre ancien, ce n’est pas consulter un objet daté, c’est traverser le temps. C’est mesurer, phrase après phrase, la distance qui nous sépare de celui qui a écrit et découvrir, parfois avec stupeur, qu’elle n’est pas si grande.

𝐋𝐚 𝐜𝐡𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬.

Froid. Vent. Mais Soleil. Sur le halage de la Robine, vers Raonel, le monde est minéral. Ça pique. Un humain croisé, emmitouflé, sans visage.

𝐋𝐞 𝐬𝐞𝐥 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬.

Le soleil tape sur le granit de la Madrague. Ce muret n’est pas une clôture, c’est un barrage. Il sépare l’eau du jardin, le bruit de la mer, le siècle des touristes du silence des bêtes. Derrière ce rempart, elle a passé cinquante ans à dévêtir le mythe.

𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐜𝐚𝐧𝐚𝐫𝐝𝐬.

Hier midi, au début des Barques. Là où la ville se raconte qu’elle est un décor. Ils étaient trois. Un couple de cols verts et leur petit. Neuf et maladroit.

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