𝐒𝐡𝐞𝐢𝐧, 𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐯𝐢𝐭𝐞𝐬𝐬𝐞𝐬.

Shein n’est pas cher.
Et l’indignation s’arrête là où commence l’intérêt du porte-monnaie.
On crie au scandale, on dénonce l’exploitation, la fast fashion, les produits jetables.

Shein n’est pas cher.
Et l’indignation s’arrête là où commence l’intérêt du porte-monnaie.
On crie au scandale, on dénonce l’exploitation, la fast fashion, les produits jetables.

Ai sorti de ma bibliothèque Kindle 𝑳𝒆 𝒅𝒆́𝒋𝒆𝒖𝒏𝒆𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒃𝒂𝒓𝒓𝒊𝒄𝒂𝒅𝒆𝒔, 𝒅𝒆 𝑷𝒂𝒖𝒍𝒊𝒏𝒆 𝑫𝒓𝒆𝒚𝒇𝒖𝒔. Je le dévore, et je ris. Rarement un roman m’a paru aussi vif, aussi cruel et délicieux à la fois.
Le décor : le Meurice, palace parisien en plein mai 68. La hiérarchie s’effondre, le personnel s’essaie à l’autogestion, et Florence Gould tente désespérément de maintenir son déjeuner littéraire du prix Roger Nimier pour le remettre, au milieu du chaos, au lauréat, un jeune inconnu nommé Modiano.

Pendant qu’on débat de réforme et de pouvoir d’achat, Shein débarque. Avec ses tee-shirts à 5 euros, ses livraisons express et ses algorithmes qui flairent la mode avant qu’elle n’existe. Le monde avance. Nous, on subventionne nos retards.

Théâtre + Cinéma - scène nationale Grand Narbonne. Hier après-midi. 15 heures. J'ai vu la vérité. Pas celle des tribunaux ou des hommes de Dieu, celle qui brûle sur la plage et qui tient l'indifférence à bout de bras.

Le grand café n’est plus. Il en reste un morceau, côté Robine. Le 89. Un Australien, ancien du Racing, tient la maison. Le reste, celui de l’angle, s’est fait boulangerie-pâtisserie. Devant, la terrasse. Nous y étions encore hier.

J’ignorais que le Louvre abritait des bijoux. Des vrais. Pas ceux des boutiques de la rue Saint-Honoré. Huit bijoux du XIXe siècle d’une « valeur patrimoniale inestimable » selon les mots du ministère de la culture. Il a fallu qu’un commando digne d’un film de Belmondo les emporte en quatre minutes pour que j’en apprenne l’existence.

« Des crétins » de dix-huit ans ont massacré à coups de barre de fer un homme handicapé. Pour cinquante euros.

Serge Griggio m’a offert le dernier livre de Gilles Moraton : « Transfuge » (Maurice Nadeau, 2025) . Il savait qu’il me toucherait. Nos origines identiques : prolos du sud, familles espagnoles trempées de communisme, ascension rude vers les livres.

Le Cours Mirabeau a ses matins de tumulte. Ça crie, ça s’agite, ça s’interpelle. Trois marchands de fruits et légumes, postés comme des coqs sur leur tréteau, rivalisent à coups de décibels. « Pas chers, pas chers ! »… « Deux euros la tomate ! » Leurs voix traversent l'esplanade, saturent le quartier, s’engouffrent jusque sur la terrasse du bistrot où je noie mon regard dans un café noir.

Les jours raccourcissent. Les feuilles tombent. La lumière aussi.

Et au milieu coule une rivière. » Hier soir sur Arte. Une voix off, grave, douce, mélancolique. Celle du fils aîné. Elle rythme le récit comme l’eau qui passe. L’histoire est simple. Deux frères. Un père pasteur. Le Montana des années vingt. La pêche à la mouche. Et derrière tout cela, la vie qui file.

Out of Africa. Le film a vieilli. Mais il tient. La lumière du Kenya. Le vent dans les herbes. Deux silhouettes dans l’infini : Meryl Streep, grave. Robert Redford, solaire.