Automne.

Les jours raccourcissent. Les feuilles tombent. La lumière aussi.

Les jours raccourcissent. Les feuilles tombent. La lumière aussi.

Et au milieu coule une rivière. » Hier soir sur Arte. Une voix off, grave, douce, mélancolique. Celle du fils aîné. Elle rythme le récit comme l’eau qui passe. L’histoire est simple. Deux frères. Un père pasteur. Le Montana des années vingt. La pêche à la mouche. Et derrière tout cela, la vie qui file.

Out of Africa. Le film a vieilli. Mais il tient. La lumière du Kenya. Le vent dans les herbes. Deux silhouettes dans l’infini : Meryl Streep, grave. Robert Redford, solaire.

New York, 1960. Les bureaux fument. Les verres de whisky s’entrechoquent. Les costumes sont nets, les robes cintrées. Don Draper marche, grand, sombre, un mystère dans les yeux. Il vend des rêves, des cigarettes, l’Amérique. Il charme. Mais il porte un secret, lourd comme une pierre.

Un avocat lâche tout. Sa femme, sa famille, son confort, sa société bourgeoise et riche. Il veut vivre ailleurs. Plus simple, plus vrai. Dans un quartier pauvre de Paris. Il se trompe. La vérité n’est pas dans les faubourgs. Elle n’est pas dans la bourgeoisie non plus. Elle est nulle part.

Je l’ai sorti de ma pile. Celle de ma cabane. Il m’attendait, massif. Comme les amours de Javier Marías. 373 pages. Roman publié en 2011, traduit en français deux ans plus tard. Je l’ai ouvert comme on avance dans une pièce obscure, tâtonnant, cherchant la voix. Et la voix, c’est María.

Ils se sont croisés à Paris, capitale du feu et des avant-gardes. Ils se sont aimés, admirés, combattus. Parfois frères, parfois rivaux.
Serge Griggio n’embellit pas, il révèle. Ses totems, dressés près de l’ancien lavoir, redonnent vie à un lieu qu’on croyait perdu.

4h45 du matin. Devant ma cabane. Rien ne bouge. Le vent est tombé. Le monde dort.La tasse est chaude dans ma main. Je crois être immobile. Comme les étoiles. Mais c’est faux.

On croit que l’intelligence protège de la bêtise. C’est faux. Elle la décuple. Elle la fait briller. Elle lui donne des allures de vérité.

Il était dans un coin de ma cabane. Parmi d’autres livres attendant d’être lus. L’inondation est un très court roman, moins de soixante pages, de Evgueni Zamiatine. Son dernier texte publié – en 1929 – avant l’exil.

Je me méfie toujours des livres fraîchement parus, ces œuvres que la rumeur critique, souvent complaisante, encense ou démolit sans recul. Trop de bruit, trop d’échos parasites. J’attends que le temps fasse son œuvre, qu’il trie, qu’il efface ou qu’il consacre.