Contre-Regards

par Michel SANTO

Narbonne ! Municipales2020 : Acte 2 de “mon” programme municipal…

   

Photo : Passelac et Roques Architectes

   

Après un premier billet : “Narbonne ! Municipales2020 : À mon tour d’entrer en campagne !” (ici). Poursuivons donc notre réflexion sur les grandes options d’aménagement que les équipes en compétition à l’exercice du pouvoir municipal devraient, à mon sens, inscrire comme prioritaires. Et prenons l’exemple d’un grand chantier structurant concernant le centre ville aux croisement de logiques urbaines, environnementales, culturelles… et de mobilités.

Des combats de pets sur les réseaux sociaux…

   

Nicolas Bouvier, dans « Les chemins de Halla San », note que « les trois divinité de l’île de Chedju (Corée du Sud) s’appellent Ko, Yang, et Puh. Puh, comme on le devine à l’oreille, est le dieu du pet… et l’ île la fille d’un pet marin : l’éruption originelle… Ce qui n’a rien de scabreux pour des Coréens : les traditions extrêmes orientales n’ont jamais humilié le corps et ses fonctions, en effet. Hokusaï, lui même, dans son « Encyclopédie » dessinée, représente non seulement d’hilarant concours de grimaces, mais aussi des concours de pets : les candidats sont fesses en l’air, concentrés, « leur prestation fusant comme autant d’étoiles. » Lisant ce passage du texte de Bouvier, je me disais, sans l’avoir lu avant, que c’était à ce genre de cannonade que me faisait souvent penser les commentaires et courtes publications publiés sur les réseaux sociaux. A la différence près toutefois qu’ils ne fusent pas comme des étoiles. Quant à leurs odeurs…

NB : Il suffit de lire Saint Simon et tant d’autres auteurs du XVIII siècle (Rousseau, Diderot…) pour mesurer à quel point l’univers d’alors, à la Cour, comme dans les salons, notamment, était étoilé de ces pets aujourd’hui proscrits en société ; au point de se demander d’ailleurs comment un Mozart pouvait se faire entendre… Je crois que c’est la jeune reine Victoria qui a mit fin à ces pétarades mondaines. Le silence a ensuite gagné toute l’Europe. Fort heureusement !

*Illustration tirée d’un rouleau illustré japonais datant de l’époque d’Edo ( 1603-1868 ). Université de Waseda

La réforme territoriale a été mal pensée, mal conduite et mal exécutée…

   

Dans son dernier livre « l’illusion régionale : la réforme territoriale en question » (éditions Cairn, mai 2019), le géographe Georges Roques revient sur les bouleversements récents de l’organisation territoriale, consécutifs à la réforme engagée voilà cinq ans sous la présidence de François Hollande  et le passage, notamment, de vingt-deux à treize régions. Nous connaissant depuis longtemps et ayant travaillé ensemble sur des questions de stratégie régionale et d’aménagement du territoire concernant l’ex-Languedoc-Roussillon, les analyses qu’il développe dans son dernier ouvrage ne me sont pas inconnues, comme ses plus récentes, d’ailleurs, sur la réforme territoriale — le sujet de cet ouvrage —, analyses que je partage dans leur ensemble.

Je m’arrêterai désormais devant la tombe de Pierre Dumayet le sourire aux lèvres.

   

     

Chaque année, un jour de la même semaine du même mois de novembre, je m’arrête quelques instants devant la tombe du cimetière de Bages où, selon la formule consacrée que je n’aime guère, gisent Pierre Dumayet, sa femme et son fils. Elle est située à une dizaine de mètres du caveau devant lequel Simone dépose un petit vase de fleurs blanches — comme le faisait sa mère depuis toujours —,  en mémoire de sa petit soeur morte en bas âge et de celle qui les avait toute deux mises au monde. Longtemps j’eus malheureusement à déplorer l’état dans lequel je la trouvais — elle me semblait tristement abandonnée — , jusqu’à m’en plaindre, à l’occasion,  auprès de la maire du village qui, dépourvue de moyens légaux d’agir, ne pouvait hélas que m’entendre. Aujourd’hui, la voilà donc comme j’espérais qu’elle fut à jamais : simple, discrète, élégante,  comme l’était  ce grand homme de télévision et cet écrivain pudique et réservé, rencontré jadis,  par hasard, dans les rues de Narbonne. Il cherchait alors, un peu perdu, une pharmacie de garde, et me suis proposé de l’accompagner tout en ne lui cachant pas la joie que me procurait cette fortuite circonstance. Je ne sais évidemment pas à quelles mains l’on doit cette bienheureuse transformation tombale, mais le fait est que l’année prochaine, un jour de la même semaine du mois de novembre, je m’arrêterai désormais devant la sépulture de Pierre Dumayet le sourire aux lèvres.

*On lira avec profit, et plaisir, le beau dossier réalisé par les éditions Verdier (Lagrasse) en hommage à Pierre Dumayet (ici)

 

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