Contre-Regards

par Michel SANTO

La réforme territoriale a été mal pensée, mal conduite et mal exécutée…

   

Dans son dernier livre « l’illusion régionale : la réforme territoriale en question » (éditions Cairn, mai 2019), le géographe Georges Roques revient sur les bouleversements récents de l’organisation territoriale, consécutifs à la réforme engagée voilà cinq ans sous la présidence de François Hollande  et le passage, notamment, de vingt-deux à treize régions. Nous connaissant depuis longtemps et ayant travaillé ensemble sur des questions de stratégie régionale et d’aménagement du territoire concernant l’ex-Languedoc-Roussillon, les analyses qu’il développe dans son dernier ouvrage ne me sont pas inconnues, comme ses plus récentes, d’ailleurs, sur la réforme territoriale — le sujet de cet ouvrage —, analyses que je partage dans leur ensemble.

Je m’arrêterai désormais devant la tombe de Pierre Dumayet le sourire aux lèvres.

   

     

Chaque année, un jour de la même semaine du même mois de novembre, je m’arrête quelques instants devant la tombe du cimetière de Bages où, selon la formule consacrée que je n’aime guère, gisent Pierre Dumayet, sa femme et son fils. Elle est située à une dizaine de mètres du caveau devant lequel Simone dépose un petit vase de fleurs blanches — comme le faisait sa mère depuis toujours —,  en mémoire de sa petit soeur morte en bas âge et de celle qui les avait toute deux mises au monde. Longtemps j’eus malheureusement à déplorer l’état dans lequel je la trouvais — elle me semblait tristement abandonnée — , jusqu’à m’en plaindre, à l’occasion,  auprès de la maire du village qui, dépourvue de moyens légaux d’agir, ne pouvait hélas que m’entendre. Aujourd’hui, la voilà donc comme j’espérais qu’elle fut à jamais : simple, discrète, élégante,  comme l’était  ce grand homme de télévision et cet écrivain pudique et réservé, rencontré jadis,  par hasard, dans les rues de Narbonne. Il cherchait alors, un peu perdu, une pharmacie de garde, et me suis proposé de l’accompagner tout en ne lui cachant pas la joie que me procurait cette fortuite circonstance. Je ne sais évidemment pas à quelles mains l’on doit cette bienheureuse transformation tombale, mais le fait est que l’année prochaine, un jour de la même semaine du mois de novembre, je m’arrêterai désormais devant la sépulture de Pierre Dumayet le sourire aux lèvres.

*On lira avec profit, et plaisir, le beau dossier réalisé par les éditions Verdier (Lagrasse) en hommage à Pierre Dumayet (ici)

 

C’est la rentrée, hélas ! politique et littéraire…

C’est la rentrée, hélas !, politique et littéraire. Pour la première, une image suffit. Elle dit tout de la façon dont elle est mise en scène par les médias. Comment se fabrique l’information et se fait l’actualité. Ici le contrechamp d’une manifestation…Deux « intermittents » qui, sur les écrans, plein champ, feront « masse »… 

   

Quant à la seconde, je lis sous les doigts du  « critique » littéraire d’un grand quotidien, qu’il a distingué — comme ses confrères —  dix titres. Dix titres sur 524 ouvrages à paraître ! Et dix titres  « comme dix coups portés au plexus. Mais que c’est agréable d’être KO debout. »  Admirable lecteur — où trouve-t-il le temps ? — admirable styliste — que de clichés en si peu de mots ! Commentaire d’Arthur (le vilain, le méchant !) : « Le temps destiné à la lecture, accordez-le exclusivement aux œuvres des grands esprits de toutes les époques et de tous les pays, que la voix de la renommée désigne comme tels, et qui s’élèvent au-dessus du restant de l’humanité. Ceux-là seuls forment et instruisent réellement. »