Casse au Louvre, farce nationale.

J’ignorais que le Louvre abritait des bijoux. Des vrais. Pas ceux des boutiques de la rue Saint-Honoré. Huit bijoux du XIXe siècle d’une « valeur patrimoniale inestimable » selon les mots du ministère de la culture. Il a fallu qu’un commando digne d’un film de Belmondo les emporte en quatre minutes pour que j’en apprenne l’existence.

L’affaire m’a plus amusé qu’ému. J’imaginais ces hommes gantés, garer un beau matin leur monte-charge sous une fenêtre du Louvre, découper à la disqueuse une fenêtre, chronométrer leurs gestes, et repartir tranquillement avec des coffrets d’un autre siècle.

Un casse élégant, presque littéraire.

Ce qui m’a davantage fait rire encore, ce sont les réactions d’une bonne partie des médias et de la classe politique. Une « honte pour la France ! », « la France ridiculisée ». Et d’exiger la démission de la directrice du musée, de la ministre Rachida Dati — et, pourquoi pas celle d’Emmanuel Macron.

Grotesque !

Comme s’il n’y avait pas d’autres motifs d’avoir honte dans ce pays.

Car pendant que certains s’indignent pour des bijoux volés, d’autres s’arrachent les cheveux à l’Assemblée. On s’y insulte, on s’y pousse, on s’y donne des leçons de morale.

Pathétique !

Les bijoux du Louvre, eux, dorment peut-être déjà quelque part, démontés, fondus, dissous dans le marché noir. Et la honte est ailleurs : dans la vulgarité de nos débats et la médiocrité de ceux qui les mènent.

« Des crétins » !?

« Crétins » !

« Des crétins » de dix-huit ans ont massacré à coups de barre de fer un homme handicapé. Pour cinquante euros.

Ce sont les mots d’un journaliste d’un grand quotidien régional : « Des crétins ». Avec des guillemets. Comme des gants.

Transfuge !

Transfuge !

Serge Griggio m’a offert le dernier livre de Gilles Moraton : « Transfuge » (Maurice Nadeau, 2025) .

Il savait qu’il me toucherait. Nos origines identiques : prolos du sud, familles espagnoles trempées de communisme, ascension rude vers les livres. Narbonnais aussi. Mais plus jeune : 66 ans.

Un concentré d’humanité !

Jeudi. Marché de plein vent.

Le Cours Mirabeau a ses matins de tumulte. Ça crie, ça s’agite, ça s’interpelle. Trois marchands de fruits et légumes, postés comme des coqs sur leur tréteau, rivalisent à coups de décibels. « Pas chers, pas chers ! »… « Deux euros la tomate ! » Leurs voix traversent l’esplanade, saturent le quartier, s’engouffrent jusque sur la terrasse du bistrot où je noie mon regard dans un café noir.

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