Corbières ! Un peu de décence …

L’incendie qui a dévasté près de 16 000 hectares dans les Corbières, brisé des vies, anéanti des exploitations, mis à genoux une économie locale déjà fragilisée, est désormais fixé. Sur ces terres noircies, 1800 pompiers restent mobilisés, veillant, au rythme du vent, à prévenir toute reprise, à circonscrire les foyers encore actifs sous les cendres.

Et comme à chaque catastrophe de cette ampleur, surgissent, sur les plateaux, les réseaux et les tribunes, les experts autoproclamés du « il n’y a qu’à… », sûrs de leurs certitudes, prompts à transformer la complexité en slogans.

Il aurait donc suffi — à les croire — de raser les pins et de les remplacer par des chênes-lièges. Ou bien de couvrir les Corbières de vignes, en confiant aux vignerons une mission annexe de service incendie. Voire d’installer en masse chèvres, moutons et néo-ruraux à conscience écologique. Et, pour les plus imaginatifs, de creuser à tour de bras des retenues collinaires. Le tout, bien sûr, présenté comme une évidence. Un remède miracle, dont l’absence serait la preuve d’une défaillance coupable.

On aura même eu droit, à la télévision, à cette députée appelant au doublement de la flotte de Canadair, comme si l’incendie se jouait uniquement dans les airs. D’autres, plus audacieux encore, dénonçant la responsabilité directe de technocrates parisiens ou bruxellois dans l’embrasement des garrigues.

Ce déferlement de commentaires où la pensée magique tient lieu de politique publique, relègue dans l’ombre la seule chose qui importerait : une réflexion sérieuse, collective, associant tous les acteurs de ce territoire. Un territoire à l’écosystème fragile, à l’équilibre précaire, à la situation sociale souvent à bout de souffle.

Est-ce trop demander que l’on garde raison ? Que l’on cesse de désigner de faux coupables, d’entretenir de fausses oppositions ? Que l’on fasse preuve, un instant, de décence, de retenue, de respect pour ceux qui ont tout perdu, et pour ceux qui luttent encore ?

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