« Et au milieu coule une rivière. » Hier soir sur Arte. Une voix off, grave, douce, mélancolique. Celle du fils aîné. Elle rythme le récit comme l’eau qui passe. L’histoire est simple. Deux frères. Un père pasteur. Le Montana des années vingt. La pêche à la mouche. Et derrière tout cela, la vie qui file.
Out of Africa. Le film a vieilli. Mais il tient. La lumière du Kenya. Le vent dans les herbes. Deux silhouettes dans l’infini : Meryl Streep, grave. Robert Redford, solaire. Il ne joue pas. Il est. Aviateur. Amant.
New York, 1960. Les bureaux fument. Les verres de whisky s’entrechoquent. Les costumes sont nets, les robes cintrées. Don Draper marche, grand, sombre, un mystère dans les yeux. Il vend des rêves, des cigarettes, l’Amérique. Il charme. Mais il porte un secret, lourd comme une pierre. La série est lente, précise. Chaque mot compte. Chaque regard coupe. Les hommes parlent fort, rient, mentent. Les femmes, Peggy, Joan, Betty, cherchent leur place dans un monde d’hommes. La caméra les suit, impitoyable. Les décors brillent, impeccables. Mais derrière, la solitude et la peur. L’American way of life est un miroir brisé. Treize épisodes. Chacun est un verre de scotch, amer, fort, qui brûle la gorge. Don est un génie. Peggy grandit, timide mais dure. Joan, reine de l’agence, cache sa douleur sous un sourire rouge. Betty, épouse parfaite, tremble dans sa cage dorée. La musique porte l’époque. Les années 60 grondent : Kennedy, la guerre, les droits civiques, tout est là, en arrière-plan, comme un orage lointain. C’est beau. C’est froid. C’est vrai. La série ne juge pas, elle montre. Les personnages vivent, respirent, se brisent. On les regarde, fasciné, comme on regarde un feu. On veut savoir. On veut comprendre. Mais la vérité glisse, comme la fumée d’une cigarette. On sait que ça finira mal. Mais on ne peut pas s’arrêter. Parce que tout est juste. Parce que tout est cruel et magnifique. Arte offre un bijou. Regardez-le. Prenez votre temps.
Un avocat lâche tout. Sa femme, sa famille, son confort, sa société bourgeoise et riche. Il veut vivre ailleurs. Plus simple, plus vrai. Dans un quartier pauvre de Paris. Il se trompe. La vérité n’est pas dans les faubourgs. Elle n’est pas dans la bourgeoisie non plus. Elle est nulle part.
Je l’ai sorti de ma pile. Celle de ma cabane. Il m’attendait, massif. Comme les amours de Javier Marías. 373 pages. Roman publié en 2011, traduit en français deux ans plus tard. Je l’ai ouvert comme on avance dans une pièce obscure, tâtonnant, cherchant la voix. Et la voix, c’est María.
Un homme fête ses 86 ans. Le dessert arrive dans une pluie d’étincelles. Sa femme regarde ailleurs. Puis une longue robe rouge traverse la terrasse. Pendant quelques secondes, le cœur se trompe. […]
𝐍𝐢 𝐞𝐱𝐜𝐮𝐬𝐞 𝐧𝐢 𝐯𝐞𝐧𝐠𝐞𝐚𝐧𝐜𝐞. L’assassinat du jeune Louis à Narbonne me trouble d’autant plus qu’il est survenu dans ma ville. Et que les faits reprochés aux personnes mises en cause sont […]
Près du bord,une eau mêlée de sable. Puis des verts. Au loin,un bleu franc. Et enfin cette frontière d’air et d’eau. Une simple lignepour partager le monde. Photo : Plage des Ayguades. Gruissan. […]
Manque de moyens pour la santé. Pour la justice. Pour l’école. Pour la culture. Pour la SNCF. Pour les communes, les départements, les régions. Pour les associations. Pas un dysfonctionnement sans […]
Perché sur un tabouret de la terrasse du Rive Gauche, sous les platanes de la promenade des Barques, Jacques me fait signe. Je le rejoins. Partager : Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) […]