Contre-Regards

par Michel SANTO

Scènes de la vie narbonnaise (et d’ailleurs, sans doute) : Humour jaune à la lecture d’un article de presse …

       

Humour jaune ! Revue de presse locale – vite faite : un seul “canard” – ; et, stupéfaction à la lecture d’un article consacré à la visite du Haut Commissaire à l’Innovation Sociale (!?). Truffé d’anglicismes, de barbarismes, de clichés, de sigles, d’acronymes… je me suis même demandé si son auteur, le relisant, l’avait compris. Moi pas ! Quant au lecteur “de base”… Autre hypothèse : le papier en question serait un pot-pourri  de phrases sélectionnées et sorties d’un dossier de presse fournit par l’institution visitée. Ce qui n’aurait rien de surprenant. Dans ce genre de boutique on use volontiers d’un jargon dont les locuteurs eux-mêmes en ignorent le sens – Faussement précieux et parfaitement ridicule. Et si, finalement, cet écho n’en était que la parodie !? Voici, compressé, l’article en question : 

«La remise officielle du label French impact, accélérateur national d’innovation sociale, s’est déroulée ce mercredi chez Iness […] Le haut-commissaire ne pensait pas découvrir un écosystème […] dans ce ce lieu ressource du Grand Narbonne […] visite de la pépinière Nucleum […] rencontre avec les femmes de la coopérative éphémère […] Elles travaillent actuellement à l’élaboration de « bee wrap » […] Autre exemple concret, l’expérience du dressing solidaire menée avec l’entreprise Kiabi […] Le vêtement devient alors une porte d’entrée pour reprendre confiance en soi, se regarder […] Le dispositif, organisé grâce à un mécénat de compétence avec l’entreprise, propose du coaching […] Le Haut Commissairel devait encore aller à la rencontre du BGE, de Nucleum, du club Face Aude […]»

On peut en rire, aussi !  

La démocratie peut-elle survivre à la haine?

           

Extraits de l’analyse de Dominique SCHNAPPER, publiée dans la revue en ligne TELOS. L’intégralité de texte est (ici)

«Dans la démocratie, où tous les postes et les statuts sont en principe ouverts à tous, les individus ne cessent de se mesurer et de se comparer les uns aux autres. Comme l’a écrit mon collègue Danielo Martucelli, la jalousie est l’expression pervertie de l’égalité. Les sociétés démocratiques, on le sait depuis Tocqueville et on l’observe tous les jours, nourrissent la passion de l’égalité. Et la jalousie, quand elle devient féroce, se transforme aisément en haine.

“Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes…”

     

En 1840, dans « De la Démocratie en Amérique », Alexis de Tocqueville décrit le « despotisme nouveau » qui gangrène, à ses yeux, la démocratie naissante. Nos penseurs qui se plaisent à  rejeter tout ce qui nous vient du passé, devraient pourtant s’interroger sur cette surprenante analyse d’un aristocrate normand du XIX siècle qui nous dépeint si bien. Et dans un style d’une qualité d’expression parfaite que l’on aimerait trouver chez nos obscurs  contemporains

Ne dîtes plus censeur, mais “lecteur en sensibilité”…

       

     

La littérature doit-elle se soucier de ne point heurter la sensibilité des lecteurs ? Aux EtatsUnis, le sujet fait débat et pour éviter des procès en sexisme, racisme, grossophobie, homophobie, et autres phobies culturelles ou religieuses, auteurs et éditeurs font désormais appel — l’auto censure ne suffisant manifestement pas — à des « lecteurs en sensibilité ».

Les meutes, en tout temps et en tous lieux, m’effraient !

 

 

Il fut un temps où il était « interdit d’interdire » ; ce temps était celui de toutes les libérations : des corps et des esprits — accessoirement celui des “classes sociales” — ; en ce temps-là, toutes les morales devaient être abolies : celle du prolo et du bourge réunies ; tout était permis, et seuls comptaient désirs et volonté ; il fallait jouir sans entraves et faire trembler la société ; la nouvelle «police des moeurs» tenait ainsi la Justice d’État en otage ;

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