Contre-Regards

par Michel SANTO

Salauds de riches, va !

Notre-Dame de Paris. Et puis Zut, zut ! Encore plus salauds que je l’imaginais ces riches. Ils continuent leur mercantile et immorale pub en renonçant, après leurs dons, à leurs déductions fiscales… Et finiront par donner mauvaise conscience à nos généreux professeurs de vertu, sur les réseaux sociaux, qui ne verseront pas, eux, un seul centime d’€ à la fondation du patrimoine, ou encaisseront leur éventuelle déduction fiscale, en douce… Salauds de riches, va ! Salauds !

*1 milliard€ en moins de trois jours, alors que l’État consacre 350 millions€ par an, dont 150 millions en investissement, seulement, au patrimoine.

Illustration : Gabriela Manzoni. Sa page Facebook est  (ici )

Marcher donne de l’air à la pensée ; la blesse aussi parfois…

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.


Marcher donne de l’air à la pensée. Peu importe où ! J’entends cependant dans des régions au climat tempéré comme la mienne. Et quand je n’y suis pas forcé. Évidemment! Tous les jours donc, je marche. À pas rapides! Que ce soit le long d’un canal, d’une plage, autour d’un étang ou tout bonnement dans ma ville.

Narbonne ! La culture, et le patrimoine, entre le marteau et l’enclume.


A quelques dizaines de mètres des archives municipales, dont on a appris qu’elles se trouvaient dans un état peu reluisant (la faute n’en revient bien sûr pas à leur directrice, dont tout le monde loue le professionnalisme, mais bel et bien à une succession de maires ainsi qu’à l’actuel adjoint concerné, tous aussi visionnaires en matière de culture qu’une armée d’enclumes)¹. A quelques dizaines de mètres donc, la Médiathèque du Grand Narbonne s’est vu attribuer le fonds patrimonial autrefois échu aux archives municipales.

Les archives de Narbonne en danger ?!


Étonnement, hier matin, quand j’eus pris connaissance du courrier arrivé, d’y trouver, dans le petit tas habituel de catalogues commerciaux, d’appels aux dons humanitaires, de lettres administratives ou de factures impayées, une enveloppe d’un poids inhabituellement lourd. Empressé d’en connaître l’expéditeur, je ne le pus. Seul un rapport daté du 11 septembre 2011, adressé au maire de Narbonne de l’époque, Jacques Bascou, à l’en-tête de l’Inspection Générale du patrimoine du ministère de la Culture et de la communication, sur les Archives Municipales de La Ville, y avait été anonymement glissé ; sans mots d’accompagnement – ni explications !  Sa lecture suffisait cependant pour que je comprenne, dès les premières lignes lues, les raisons de ce discret envoi. La situation de ce service des Archives municipales est, selon l’auteur de ce rapport, très préoccupante.  Je relève, pour aller à l’essentiel (conclusions : ici), qu’installé dans l’actuel bâtiment de l’Office du tourisme, ses locaux administratifs et ceux qui sont destinés à recevoir le public sont particulièrement exigus avec des rayonnages présentant de réels risques en cas d’incendie. Rien de surprenant pourtant, ces mêmes observations avaient déjà été faites par le direction des Archives de France en 2004. Et, depuis, rien ! Je passe vite aussi sur les observations concernant “la qualité” du service rendu aux chercheurs intéressés par la riche histoire de Narbonne. Bref ! un état des lieux de nos Archives peu conforme au statut de notre cité –  elle appartient au club très fermé des Villes d’Art et d’Histoire ! À ma connaissance, depuis l’arrivée de Didier Mouly aux affaires municipales, rien non plus n’a été envisagé pour, notamment, et surtout , comme le préconise le rédacteur de ce rapport accablant : “réimplanter ce service sur un nouveau site, sûr et sain, aisément accessible pour le public et les services de la mairie”. Cet investissement ne figure pas dans les priorités municipales, en effet, nos édiles ayant décidé de réserver leur budget à la construction d’une salle multimodale évaluée à 20 millions d’euros, et à l’utilité largement sujette à discussion, elle ! Faut-il donc rappeler à nos élus la valeur de ce patrimoine d’archives municipales et le “prix” négatif que représentent aujourd’hui les conditions dans lesquelles il est conservé et géré ?  Ce “bien commun” n’est pas qu’un stock voué aux ténèbres de galeries fréquentées par de rares spécialistes. Il constitue aussi une ressource économique profitable à la promotion et au rayonnement de notre ville, sur un plan touristique, notamment… Montpellier¹, notre voisine, l’a bien compris. Serions-nous à ce point stupides, nous, au point de l’ignorer.

¹Comme le hasard fait toujours bien les choses, je lis, ce matin (ici), un article fort intéressant, qui vient d’être publié, sur les Archives de Montpellier. J’y apprends que désormais le public peut consulter les documents d’archives numérisés, mener ses recherches à distance ou préparer sa venue aux archives ; que cette mise en ligne permet la diffusion de quelque 45 000 images et plus de 60 000 notices décrivant les documents et ouvrages historiques conservés aux archives municipales ; et qu’accessible à partir du site internet, cette offre vient compléter les sources déjà mises en ligne par les archives départementales de l’Hérault (cadastre, état civil) par des documents exceptionnels sur l’histoire de Montpellier.

Chronique de Narbonne. De quelques monuments laissés au bord de la route…

Henri de Toulouse Lautrec-le-jeune Routy-a-Celeyran

Henri de Toulouse Lautrec : le jeune Routy à Celeyran (1882 ; Musée Toulouse-Lautrec, Albi).

 

Le domaine de Céleyran, acheté par la Région 8 millions d’Euros en 2009, est donc à l’abandon. On est incrédule devant les photos produites dans l’Indépendant du 27 juillet (article et photos en cliquant sur: celeyran-lindependant-contreregards) comme autant de preuves à l’appui. On y voit la végétation, les dégradations insidieuses à l’œuvre. Seule l’incurie n’apparaît pas sur la photo, sans doute partie poursuivre son œuvre ailleurs. Mais c’est bien son portrait en bonne et due forme qui est fait ici. Car l’état d’abandon est de notoriété publique: des photographes d’Urbex en ont déjà fait un terrain d’exploration nocturne. Les glaneurs n’ont pas tardé eux aussi à repérer l’endroit.

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