𝐋𝐚 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐡𝐞̀𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭.

On gouverne désormais à coups de pansements.
Des décisions improvisées.
Des annonces sous pression.
Des concessions arrachées par le rapport de force.

L’argent public sert de tranquillisant.
On dépense ce qui manque déjà, sans cap ni hiérarchie, uniquement pour faire retomber la colère du moment.
Le monde agricole en est l’exemple le plus parlant : au lieu de l’armer pour affronter la compétition internationale, on l’enferme, avec le Mercosur comme bouc émissaire, dans une protection artificielle, on le rend dépendant, on le fragilise durablement tout en prétendant le sauver.

La scène se répète.
Hier, les médecins libéraux.
Avant eux, les pharmaciens.
Avant encore, les ambulanciers.

Chaque secteur se mobilise pour obtenir compensation.
Et le pouvoir répond toujours de la même manière : il recule, transige, signe, puis passe au suivant.
Il n’arbitre plus.
Il indemnise.

Ce n’est plus une politique publique.
C’est une suite de renoncements.

Nos dirigeants, pris en otage par une Assemblée nationale en roue libre et soumis à la pression démagogique des extrêmes, ont renoncé à dire la vérité sur les contraintes, sur la rareté des ressources, sur l’impossibilité de satisfaire tout le monde.
Ils ont abandonné l’idée même de pédagogie.
Le système médiatique a accompagné ce glissement, préférant l’émotion immédiate à l’explication, le conflit à la cohérence.

Alors on achète du calme.
À crédit.
On gagne quelques jours.
On creuse le vide.

L’État ne décide plus.
Il cède.
Il ne gouverne plus.
Il paie.

Consternant.

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