𝐋𝐞 𝐩𝐨𝐢𝐝𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐭𝐬.

Les mots frappent avant les poings. Des slogans préparent le terrain. Des images désignent la cible.

On les croit inoffensifs. Ils se parent de morale, invoquent la justice ou l’opprimé. Mais à force de simplifier le monde, ils fabriquent des coupables en série.

Qualifier de « fasciste » l’opposant, l’adversaire politique, le policier, le dominant , c’est effacer le visage. C’est réduire l’homme à une catégorie. C’est décréter qu’il mérite l’exécution symbolique. Puis le lynchage.

À Lyon, Quentin est mort sous les coups de nervis, en marge d’un meeting.
Il était, paraît-il, un « fasciste ». L’ennemi. La cible.

On prétend que les mots ne tuent pas. C’est faux.
Ils installent l’idée que frapper n’est plus une faute, mais une réponse. Ils créent le climat.

La violence n’est jamais spontanée. Elle est un récit. Une petite musique qui déshumanise. Quand l’adversaire devient l’incarnation du mal, le passage à l’acte est une conséquence.

Il faut mesurer le poids des mots lancés dans le vide.
Derrière les slogans vertueux, il y a parfois un cercueil.

Et un prénom : Quentin.

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