𝐋𝐞 𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐨𝐝𝐞.

En 1923, Malatesta voyait le fascisme naître dans le goût de la violence. Pas seulement chez l’ennemi. Chez ses propres alliés.

Le fascisme historique est mort. Le mot, lui, prospère. On le brandit comme une arme. Il suffit de désigner. De dire : « fasciste ». Alors tout devient permis — frapper, censurer, haïr. Au pire, il donne un permis de tuer. Comme à Lyon.

L’antifascisme d’aujourd’hui combat moins une réalité qu’un besoin. Il lui faut un monstre. Sans lui, il s’effondre. Le slogan tient lieu d’argument. La morale remplace le débat. La rue devient tribunal.

À force de voir des fascistes partout, on adopte leurs méthodes. La violence devient vertu. La nuance, suspecte.

Le mot sert de bouclier. Il protège ceux qui ne veulent plus penser.

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