𝐔𝐧𝐞 𝐜𝐚𝐫𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐯œ𝐮𝐱…

J’ai reçu les meilleurs vœux de Bernard.
Comme chaque veille de premier de l’an.
Une carte. Illustrée de sa main.
Quelques mots à l’encre noire. Choisis avec soin. Alignés.
Bernard a l’esthétique géométrique.
Dans le temps d’avant, il renvoyait des parapheurs entiers pour une virgule oubliée. Ou mal placée.
Les rédacteurs hurlaient dans les étages. Sadique. Maniaque.
À la blessure narcissique s’ajoutait l’argument du temps perdu, de la rapidité exigée, de l’urgence invoquée.
Ils ne comprenaient pas qu’un défaut de ce petit signe pouvait faire tache.
Qu’il abîme une phrase.
Qu’il finissait toujours par ternir l’image du signataire. Et celle de l’institution.
La carte est là, devant moi.
La seule de ce genre que nous recevrons.
Un axe. Un soleil. Et des flamants qui passent.
Bernard écrit que lorsqu’ils traversent le ciel, l’année nouvelle sera belle.
Il ne le souhaite pas.
Il le note.
Les flamants vont droit.
Ils avancent ensemble.
Ils savent la route sans l’expliquer.
Alors, pour 2026,
que l’année qui vient ressemble à ce passage :
un vol calme,
une direction tenue,
sans dévier.
Mots-clefs : Vœux du premier de l’an 2026




