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L’esprit de notre temps, si contraire à l’esprit et à la sagesse du roman…

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Deux lectures en rapport avec notre actualité:

L’homme souhaite un monde où le bien et le mal soient nettement discernables car est en lui le désir, inné et indomptable, de juger avant de comprendre. Sur ce désir sont fondées les religions et les idéologies. Elles ne peuvent se concilier avec le roman que si elles traduisent son langage de relativité et d’ambiguïté dans leur discours apodictique et dogmatique. Elles exigent que quelqu’un ait raison ; ou Anna Karénine est victime d’un despote borné, ou Karénine est victime d’une femme immorale ; ou bien K., innocent, est écrasé par le tribunal injuste, ou bien derrière le tribunal se cache la justice divine et K. est coupable. Dans ce « ou bien-ou bien » est contenue l’incapacité de supporter la relativité essentielle des choses humaines, l’incapacité de regarder en face l’absence du Juge suprême. À cause de cette incapacité, la sagesse du roman (la sagesse de l’incertitude) est difficile à accepter et à comprendre.

Extrait de: Milan Kundera. « L’art du roman. » Mon livre numérique. Epub page 12 et 13

Et ceci encore page 25 et 26

Le roman (comme toute la culture) se trouve de plus en plus dans les mains des médias ; ceux-ci, étant agents de l’unification de l’histoire planétaire, amplifient et canalisent le processus de réduction ; ils distribuent dans le monde entier les mêmes simplifications et clichés susceptibles d’être acceptés par le plus grand nombre, par tous, par l’humanité entière. Et il importe peu que dans leurs différents organes les différents intérêts politiques se manifestent. Derrière cette différence de surface règne un esprit commun. Il suffit de feuilleter les hebdomadaires politiques américains ou européens, ceux de la gauche comme ceux de la droite, du Time au Spiegel ; ils possèdent tous la même vision de la vie qui se reflète dans le même ordre selon lequel leur sommaire est composé, dans les mêmes rubriques, les mêmes formes journalistiques, dans le même vocabulaire et le même style, dans les mêmes goûts artistiques et dans la même hiérarchie de ce qu’ils trouvent important et de ce qu’ils trouvent insignifiant. Cet esprit commun des mass média dissimulé derrière leur diversité politique, c’est l’esprit de notre temps. Cet esprit me semble contraire à l’esprit du roman. »

Mes Contre-Regards sur Radio Grand Sud FM (1) – Radio Barques – du 9 Mai 2015: Port la Nautique suite; PRG régionales 2015

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Partie 1 : Visite ministérielle en Narbonnaise…au menu: logement social et PRG. La Nautique: bataille navale…suite: Robert Déjean nommé amiral de la flotte. Effet papillon à Narbonne…Diane retarde des chantiers…qui battent de l’aile.

Mes Contre-Regards sur Radio Grand Sud FM (2) – Radio Barques – du 9 Mai 2015: Ménard et Rafales!

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Partie 2 : Ménard fait le buzz, encore et encore…ou l’art des médias nationaux de s’en faire les complices! Rafales au Quatar…un business qui donne des vertiges idéologiques à certains militants de gauche.
 

Mes Contre-Regards sur Radio Grand Sud FM (3) – Radio Barques – du 9 Mai 2015: invités Henzo Lefèvre et Mohamed Bellarbi des MJS.

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Partie 3.  Invités: Henzo Lefèvre et Mohamed Bellarbi, responsables des MJS en Narbonnaise.   

De Ménard, des médias et des « fichiers » de Béziers…

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Robert Ménard, le maire mariniste de Béziers est un pur produit du système médiatique. Il y a fait toute sa carrière. Et encore aujourd’hui d’une certaine manière. La culture qui le régit, les méthodes, voire les réflexes de ceux qui  font vivre ce « système » la concurrence féroce des entreprises qui l’organisent … il connaît. Il en fut longtemps l’icône. Le promoteur inconditionnel avec son association « Reporter Sans Frontières ». Et le « système » aime Ménard: « c’est un bon produit ». L’inviter sur une antenne, un plateau, c’est du buzz au carré garanti. Rentable, l’ex confrère! Avec lui, la déferlante médiatique est au rendez-vous; l’audience et la récupération politique assurées sur tout le spectre « partisan », FN compris. Elles le furent donc à propos de sa sortie sur le pourcentage d’élèves prétendument musulmans scolarisés dans sa commune. « Fichage », « Triage », Pétain et ses milices, déportation etc… On donc a eu droit à toute la gamme des liens sémantiques et historiques autour du « fichier » en question, substantif au demeurant jamais utilisé par Ménard. Alors, fichier particulier ou pas – le juge administratif, en référé, vient de constater que l’existence sous forme matérielle ou informatique de fichiers recensant spécifiquement les élèves de confession musulmane inscrits dans les écoles publiques n’était pas démontrée – pour ces élèves montrés patronymiquement et religieusement du doigt, au fond, le problème n’est pas là, car le Ménard en question, comme tous les maires de France, est tenu par la loi de recenser, au titre de l’obligation de scolarisation, tous les élèves de sa commune. Il dispose donc, classe par classe, des patronymes qui semblent l’obséder , comme ceux  d’élèves d’autres ères, disons culturelles. Non, ce qui est intolérable et condamnable, c’est cet acte violent d’imputation d’identité faite à des enfants en fonction de signes interprétables pratiquement, et sans leur consentement. Voilà le vrai scandale! L’autre étant la réaction pavlovienne et quasi hystérique de l’immense majorité des médias à ses propos qui, ce faisant, paradoxalement, ont entretenu cette violente imputation d’identité tout en imposant dans l’actualité le propre agenda, et ses thèmes idéologiques et politiques, du maire de Béziers. Il faudra bien un jour, quand même, que les médias aussi se posent la question de leur propre responsabilité dans le traitement, et leurs conséquences, de ce genre d’affaire…

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