Contre-Regards

par Michel SANTO

Brouillage de lignes.

Pierre-Antoine Delhommais dans « le Monde » du 11.10.09 : « …L’envolée des dettes publiques signifie que les grands pays industrialisés ont perdu, et pour longtemps, toute marge de manœuvre budgétaire. Les arbitrages des lois de finances des prochaines années, peut-être des décennies, se résumeront à ceci : savoir où faire des coupes, où dégager des économies, quelles catégories socioprofessionnelles sacrifier, quelles dépenses et quels avantages supprimer, où trouver des recettes. Plus de place pour des mesures de relance supplémentaires ou de nouveaux cadeaux fiscaux, plus de place pour des avancées sociales coûteuses. Trop de keynésianisme tue le keynésianisme et rend l’Etat impuissant » Et de nous expliquer que cette situation, qui, entre parenthèses rend ridicules les discours des oppositions au pouvoir en place, serait la conséquence du retour de  l’Etat et de sa culture des déficits publics dans la vie des affaires avec, pour  conséquences : hausses des d’impôts (comme en Espagne), gel ou baisse des salaires des fonctionnaires (comme en Grande-Bretagne et l’Irlande), allongement de l’âge du départ à la retraite (comme en Suède). Sauf en France, évidemment, où l’on invoque, à droite et à gauche, une sainte et miraculeuse croissance à des taux des « trente glorieuses » dans le même temps on nous explique qu’il ne peut (le taux de croissance) mesurer à lui seul le bien-être d’une société ! Allez donc y comprendre quelque chose… D’autant que le Delhommais en question, pour ajouter de la confusion à la confusion, regrette, après sa critique du trop d’Etat dans les économies, que les Etats ne soient pas « rester durablement au capital de ces établissements (financiers et bancaires) pour les contraindre à distribuer du crédit, pour contrôler les risques pris sur les marchés financiers ou encadrer étroitement les rémunérations des traders. » Bref le modèle France et sa réussite bien connue : le Crédit Lyonnais qui installe, au « cœur même de l’Etat central, caste et copinage » et  qui « déconsidère l’Etat, la politique et toute l’idéologie “socialiste” qui va avec ! »  Photo de Hengki Koentjoro

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Commentaires (1)

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    phthoreux

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    Parfait votre billet. Le “déboussolage” et l’art de dire tout et son contraire sont devenus la règle dans le monde contemporain. Où donc cela peut-il donc mener ? 

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