Contre-Regards

par Michel SANTO

Contraindre la volonté politique.

   

 

 

 

Politiques et médias nous le rabâchent sans cesse : la crise des finances publiques de pays de la zone euro (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, Italie…), crise qui n’épargne pas la France, serait une fiction orchestrée par les agences de notation et les « marchés » ! C’est évidemment fort simple et conséquemment faux ! Comme si un thermomètre pouvait être à l’origine d’un accès de fièvre et les cotisants à la Sécu responsables de l’état clinique des français, par exemple. En réalité, si les détenteurs de capitaux : fonds souverains et établissements financiers et bancaires ne veulent plus de « papiers » émis par des Etats surendettés, ou alors au prix fort, c’est qu’ils doutent fortement de leurs capacités à les rembourser. Et on ne peut leur reprocher à la fois leur tiédeur (ils ne veulent prendre aucun risque) et leur irresponsabilité (ils ont prêté sans discernement), pour les présenter ensuite, face à l’opinion, comme les seuls responsables de budgets publics perclus de dettes depuis plus de trente ans par des gouvernements et des majorités de gauche comme de droite. Des responsables politiques qui, aujourd’hui, jouent la défausse pour n’avoir pas à rendre des comptes sur la démagogie de leurs engagements électoraux et des politiques mises en œuvre. Une démagogie de surcroît protégée par une impunité qui les absout de toute poursuite et de toute sanction même dans le cas de situation de quasi faillite comme en Grèce. Un pays, et d’autres demain, où le peuple paye au prix fort la gabegie de ses dirigeants pendant que ses derniers continuent de jouir de leurs privilèges. Il y a là quelque chose de scandaleux d’autant qu’on imagine aisément ce qu’il adviendrait d’un ménage ou d’une entreprise gérés de manière tout aussi irresponsable. Pour ces raisons, il est impératif que la volonté politique soit contrainte, et qu’elle le soit par la plus haute des normes juridiques : la Constitution, afin de l’obliger à l’équilibre budgétaire. Il en va de l’intérêt public et de la crédibilité de nos dirigeants…Comme de la simple morale !

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