Contre-Regards

par Michel SANTO

Garcia Lorca sur les murs de Narbonne.

 

 

 

Sur le mur d’un bâtiment public de la ville de Narbonne, on peut lire, dans sa version espagnole et sa traduction française, un poème de Fédérico Garcia Lorca. Qui le lit, personne ou presque? Jusqu’à ce qu’un  » poète  » du lieu, sur les conseils d’un  » lettré « , s’en avise pour nous signaler une grossière erreur de traduction de  » l’ancienne municipalité « . Et d’en appeler à la nouvelle pour que Garcia Lorca  » ne soit pas assasiné une deuxième fois « . Bref, une petite cuistrerie enrobée d’une vilaine sauce politicienne, mais qui a le mérite de surtout souligner les limites poétiques de nos deux compères. Car à gloser sur  » la rana  » ( la grenouille ), qui serait  » gênante  » au lieu de  » rama  » ( la branche ), qui serait elle plus seyante, du coup on tue bel et bien la lettre et l’esprit du poète andalous.
Concluons donc par ce petit bijou poétique, écrit le 12 juin 1921.

 » La lune s’en va sur l’eau
Comme le ciel est serein!
Elle fauche lentement le frisson du fleuve ancien
Cependant qu’une rainette la prend pour miroir à la main « 

PS: On trouvera ce texte dans Poésies IV, Gallimard édition de poche, page 40.

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