La solitude française .

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Texte de Maxime Tandonnet : Il est toujours difficile de se repérer à un instant donné dans les grands courants de l’histoire, de s’élever du quotidien, prendre du recul, de la perspective et de se situer aujourd’hui par rapport à la marche du monde.

Que diront les historiens du XXIIe siècle de la France de 2014? Etrangement, la mondialisation, l’abaissement ou disparition des frontières et l’émergence du « village global », tels que nous croyons les vivre, me paraissent receler un phénomène paradoxal: la solitude croissante de la nation française. Nos ex-colonies ne cessent de s’éloigner, il suffit d’un séjour en Afrique pour le constater, ces pays se tournant vers la Chine et les Etats-Unis. Notre allié de sang tout au long des tragédies du siècle passé, le Royaume-Uni, se prépare sans doute à sortir de l’Europe donc à séparer son destin du nôtre. Le moteur franco-allemand de l’Europe, fondé sur un équilibre et une entente fondamentale entre les deux pays, est fortement compromis par le décrochage économique français. Il en reste un vague mythe, une sempiternelle référence à laquelle plus personne ne croit vraiment. L’Italie, l’Espagne se réveillent et nous regardent de haut avec notre immobilisme, allergie chronique aux réformes et au mouvement. Bien sûr les institutions de Bruxelles fonctionnent toujours, imposant leur carcan aux Etats, mais aucun Empire ou communauté supranationale n’a jamais survécu longtemps dans le rejet, l’indifférence, le mépris des peuples. C’est chose que les diplomates et les eurocrates, le nez dans la fange, sont incapables de ressentir. La débâcle de la classe politique française, pouvoir et opposition confondus, ridiculise notre pays, tout comme la poussée du vote extrémiste qui en résulte. La France médiatique s’enferme dans ses névroses cocardières autour de l’équipe nationale de football mais la crête érigée du petit coq gaulois n’impressionne personne… Un pays dont la compétitivité s’effondre et la société se fragmente, qui s’enferme et se replie dans sa tête, s’engage sur la pente du malheur. La France, au-delà des apparences de la mondialisation, n’a jamais été aussi seule et solitaire.

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