Contre-Regards

par Michel SANTO

Royal Aubry, le débat n’est pas clos…



Un certain nombre d’analystes de la vie politique française, comme Olivier Duhamel notamment, expliquent les difficultés et les divisions du Parti Socialiste par le fait que ses dirigeants et ses militants ( pour l’essentiel des élus locaux ou des collaborateurs d’élus aspirant à l’être ) n’ont aucun intérêt à détenir le pouvoir national, au risque de perdre leurs rentes locales, quasi assurées dans une situation d’opposition.
Nous serions donc installés dans un nouveau type de cohabitation où le national serait dévolu à la droite et le local à la gauche.L’argument est sans conteste sérieux et met en lumière, sous l’apparente irrationalité du dernier congrès de Reims et de ses suites, la conduite, elle, parfaitement rationnelle de ses principaux acteurs. La version politicienne de l’ hégélienne  » ruse de la raison  » en quelque sorte. Mais qui me semble occulter un autre  » surmoi  » tout aussi puissant, celui de son vieux fond révolutionnaire, marxiste et anti-capitaliste  qui  l’empêche de souhaiter à tout prix l’exercice du pouvoir, d’être tout entier tendu vers lui.
Dans l’esprit de beaucoup de ses dirigeants, en effet, cet exercice du pouvoir ne vaut qu’à la condition de pouvoir engager des réformes  » substantielles ou structurantes  » ,  » d’éclairer l’histoire  » . A quoi bon gouverner donc, si les conditions économiques du moment empêchent une politique généreuse de dépenses et un accroissement sensible de la redistribution? Reste un dernier facteur en prendre en considération, et non des moindres, à savoir le blocage politique et intellectuel de prendre acte que nous vivons dans un régime présidentiel et en démocratie d’opinion. Et dans tirer toutes les conséquences en termes d’organisation, de doctrine et de stratégie.
Contrairement à ce qu’en ont rapporté les médias, c’est bien ce débat là qui est engagé chez les socialistes français.Et la victoire à l’arraché et dans la confusion politique de Martine Aubry ne l’a pas clos.Sauf à postuler évidemment qu’elle sera capable, avec Hamon, Fabius, Jospin et Emmanuelli de faire sauter ces trois grandes inhibitions. Ce que je ne crois pas! La plus décomplexée pour ce faire étant indiscutablement, quoique l’on puisse penser de sa personnalité et de ses  » capacités « , madame Royal…

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Laisser un commentaire

Articles récents

Philippe Jaenada présentait son roman "La Serpe" à Port-Leucate, cet été. Je l'ai lu…

Philippe Jaenada présentait son roman "La Serpe" à Port-Leucate, cet été. Je l'ai lu…

    Cette année, Michel Py m'a gentiment adressé (comme il le fait régulièrement à chaque rentrée littéraire) le dernier roman de Philippe Jaenada, "La Serpe"  (éditions Julliard), prése[Lire la suite]
Petite parabole sur le rayonnement d'équipements "structurants" (Le parc des expositions de Narbonne)

Petite parabole sur le rayonnement d'équipements "structurants" (Le parc des expositions de Narbonne

Quand j'ai vu cette touchante affiche animalière placardée sur un des nombreux petits panneaux publicitaires qui décorent les rues de ma ville, j'ai tout de suite pensé à une charmante  allégorie de [Lire la suite]
Hier soir, sur TF1, une "nouvelle vie de François Hollande" sans aucun intérêt …

Hier soir, sur TF1, une "nouvelle vie de François Hollande" sans aucun intérêt …

      Hier soir, 20 heures, devant le JT de TF1. À mi-journal, Gilles Bouleau et sa longue et fine silhouette plantée au milieu de son plateau, raide, mais sans trop, juste ce qu[Lire la suite]