Contre-Regards

par Michel SANTO

À rebours de quelques « clichés » sur l’île de Saint Barthélemy, après Irma…

   

Photo : Le Parisien.

   

Comme il s’écrit à peu près n’importe quoi dans certains médias (pire sur les réseaux sociaux!) sur Saint-Barthélemy : « repaire de milliardaires », un « paradis fiscal » dont les habitants « vivent souvent dans des villas cossues », une petite mise au point me semble nécessaire. Surtout dans les conditions actuelles où beaucoup se plaisent à faire des confusions « déplorables entre les milliardaires propriétaires de villas, qui n’y vivent pas, et les habitants de Saint-Barthélemy, qui y travaillent parfois durement et dont les maisons, souvent loin d’être cossues, ont été dévastées par Irma. » 

Comme le relate François Ecalle sur son site : « Jusqu’à l’arrivée de quelques touristes américains fortunés dans les années 1960, Saint-Barthélemy était, comme Saint-Martin, une île très pauvre, dépourvue de toute ressource naturelle. L’administration française et le département de la Guadeloupe, auquel elles étaient rattachées, se sont toujours désintéressées de ces «îles du nord» et n’y ont assuré que des services publics minimaux jusqu’à ce qu’elles obtiennent l’autonomie financière avec le statut de collectivité d’outre-mer en 2007. Dès le 19ème siècle, l’Etat a accordé un statut fiscal dérogatoire à Saint-Barthélemy et Saint-Martin en contrepartie de ses propres carences. Ensuite, il a quasiment oublié d’y appliquer l’impôt sur le revenu et la TVA quand ils ont été créés. A partir de 2007, la collectivité de Saint-Barthélemy a fait le choix d’une fiscalité simple et efficace fondée principalement sur une taxation des biens importés et de l’immobilier. Au-delà de 5 ans de présence, les personnes morales et physiques résidant sur l’île ne payent pas d’impôt sur le revenu ou les bénéfices des sociétés. En dépit de prélèvements sociaux identiques à ceux des départements d’outre-mer, le taux des prélèvements obligatoires y est d’environ 20 %. Saint-Barthélemy est, dans cette mesure, un paradis fiscal. En revanche, les investissements des métropolitains y donnent très rarement droit aux réductions d’impôt pour investissement outre-mer. La fiscalité n’est pas la seule raison de son succès qui tient aussi, notamment, à la bonne gestion de ses finances publiques. Saint-Barthélemy a su développer, sans aucune aide, une économie touristique fondée sur la qualité des services qui assuraient en 2016 à ses habitants un niveau de vie supérieur à celui des habitants des autres collectivités et départements d’outre-mer et comparable à celui de la métropole. En outre, le taux de chômage y était très bas. »

La suite, sur l’histoire, l’économie et les finances publiques… de cette île dans le PDF joint :

pdf saint barthélemy

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