Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne : Au vernissage de Barthélémy Toguo!

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Samedi, vernissage de l’exposition de Barthélémy Toguo. Comme toujours dans ce genre de situation où faux-semblants et bavardages envahissent l’espace, il faut éviter les petites mondanités et s’éloigner des buffets. On y parle de tout et de riens qui envahissent l’esprit et éloignent des oeuvres.

Aucun effort cependant ne me fut nécessaire dans ce lieu si particulier à l’étrange destin: il devait recevoir, à l’origine, nos rejets domestiques, on y expose désormais de l’art contemporain (!). Je me suis en effet littéralement planté devant le grand mur gris de la seule grande salle de « l’Aspirateur », sur lequel est accroché une immense toile présentée pour la première fois au public: Rwanda 1994 (4m*10m). Une toile saisissante de force et de tragique beauté à la composition somme toute classique. Un long déroulé figuratif où s’entremêlent des crânes et des corps aux chairs rouge-sang recouverts par une végétation légère et envahissante. Comme la vie, la vie toujours renaissante qu’incarne et célèbre une chaîne d’union et d’amour figurant au premier plan. La tête d’un oiseau royal et ses immenses ailes protectrices dominent l’ensemble; il embrasse et emporte le tout … À ses pieds, ce texte courant comme tapis à hauteur d’homme, ce texte lumineux de Charles Juliet: « Celui qui veut à toute force se rendre libre a beaucoup à souffrir et à se battre. Mais si un jour il arrive à jeter bas les murs de son cachot, puis à déboucher en pleine lumière, il lui est donné d’accéder à une certaine connaissance, et en lui, la peur, la haine de soi, l’angoisse et la culpabilité cèdent la place à une paix, une force, une foi en la vie qui feront que son cercle ira toujours grandissant. Alors sa main dont les doigts étaient comme des serres toujours prêtes à étouffer leur proie, sa main se décrispe, s’ouvre, et il comprend qu’elle ne servira plus désormais qu’à la caresse et l’offrande. » (Dans la lumière des saisons de Charles Juliet). Du reste et des discours, je ne saurais vous dire. Allez donc voir Barthélémy Toguo et sa magistrale oeuvre … Vite!

Brève biographie de Barthélémy Toguo:

Barthélémy Toguo est né en 1967 au Cameroun. Il vit et travaille entre Bandjoun, New York et Paris. Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts, Abidjan,Côte d’Ivoire. Ecole Supérieure d’Arts, Grenoble, France. Kunstakademie, Düsseldorf, Allemagne. Chevalier des arts et des lettres de la république française. Artiste pluridisciplinaire, ses travaux sont exposés dans le monde entier. 
En 2008, il crée Bandjoun Station, lieu de résidence et d’échanges artistiques situé sur les hauts plateaux à l’ouest du Cameroun. 

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Commentaires (4)

  • joel Raimondi

    |

    Pour ma part j’ai été ému touché par le happening par le happening émouvant de Barthelémy Toguo habillé pour l’occasion d’un « blanc de chauffe » de bottes, gants et masque afin de placer quelques 80 bouteilles préalablement concassées sur un immense drap immaculé …. Esquissant la silhouette du continent africain qu’il a rempli au fur et à mesure … manière de nous interroger sur nos productions et nos déchets, nos relations de coopération ?
    Accompagné par le célèbre guitariste Aman Vina … leur acte artistique valait tous les discours politique …Chacun partageant une même fraternité dans l’Humanité toute entière ici et maintenant . «  »Merci messieurs pour ce moment »

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  • Elle

    |

    Bravo pour cet Excellent article ! C’est sûr que ce n’est pas le midi libre qui l’a écrit.

    Elle

    Reply

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