𝐋𝐚 𝐬𝐚𝐥𝐥𝐞 𝐛𝐥𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞.

La salle est blanche, clinique. Elle est assise, une bulle de plastique et d’ondes sur les oreilles. Quinze ans, peut-être. Son pouce balaie l’écran du téléphone. Le monde s’arrête là.
Au mur, une télévision diffuse des messages de prévention. Des blouses blanches défilent. Stop à la violence. Le contraste est muet : la violence du monde défile sur un écran, l’absence au monde s’affiche sur son visage.
La porte s’ouvre. Sa grand-mère paraît. Son visage est une géographie de rides, creusée par la douleur ou l’angoisse du diagnostic. En face, le visage de la jeune fille reste lisse. Plat. Une surface sans aspérité où rien ne s’imprime. Un fantôme numérique.
Elle passe devant nous sans un regard.
Nous n’existons pas.
Des meubles dans cette salle d’hôpital.
Elles sortent.
Un infirmier se présente. Il prononce un nom.
Ma voisine se lève.
D’un pas incertain, elle s’approche.
Elle sourit. Cherche un appui.
S’accroche à mon bras.
La pluie nous attend dehors.




