
Da Empoli poursuit son inventaire. Après le chaos et le mage, voici les prédateurs.
Il décrit la retraite du politique. Les dirigeants parlent. Les flux décident. Les nouveaux souverains tiennent les données et les émotions. Ils sont invisibles.
L’auteur se veut « scribe aztèque ». L’image est juste. Nos démocraties admirent la force qui les dépouille. Elles contemplent l’algorithme comme les peuples anciens fixaient les armures des conquistadors.
La guerre est sourde. Sans front. Les armes sont la rumeur et la peur. Ici, les principes ne sont plus des remparts, mais des décors. La politique ne gouverne pas. Elle accompagne.
Pourtant, une illusion persiste : croire que la raison a jadis dirigé les hommes. Le pouvoir n’a jamais été lucide. Il est fait de récits et de passions. Les techniciens d’aujourd’hui ne rompent rien. Ils utilisent les outils du siècle comme d’autres utilisaient les dieux. La technique change. La logique reste.
Les prédateurs ne sont pas nés avec le numérique. Ils chassent simplement plus vite. À visage découvert.