
Le roman est partout.
Prix.
Éloges.
Sélections.
Les jurés ont voté.
Les critiques ont admiré.
Puis un compte anonyme publie un écran.
Quelques secondes suffisent.
Une machine affirme que le livre
a été écrit par une autre machine.
Le doute se répand plus vite que le roman.
L’auteur dément.
L’éditeur explique.
Personne n’écoute vraiment.
La question a changé.
On ne cherche plus à savoir si le livre est bon.
On cherche à savoir qui l’a écrit.
Ou ce qui l’a écrit.
Alors d’autres machines sont appelées à témoigner.
Elles examinent la première.
La contredisent.
Ou la confirment.
Les robots deviennent experts.
Les robots deviennent juges.
Et les écrivains attendent le verdict.
Sous la sentence d’une machine.