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La France brûle.

AussitĂŽt, le rituel commence. Plateaux de tĂ©lĂ©vision. RĂ©seaux sociaux. Responsables politiques. Chacun cherche le coupable. Le gouvernement, Ă©videmment. Comme si les flammes s’arrĂȘtaient aux frontiĂšres.

La France brûle.

AussitĂŽt, le rituel commence. Plateaux de tĂ©lĂ©vision. RĂ©seaux sociaux. Responsables politiques. Chacun cherche le coupable. Le gouvernement, Ă©videmment. Comme si les flammes s’arrĂȘtaient aux frontiĂšres.

Pourtant, au mĂȘme moment, l’Espagne brĂ»le. La GrĂšce aussi. Le Portugal. L’Italie. Le Canada. Les États-Unis. Des milliers de kilomĂštres de forĂȘts disparaissent chaque Ă©tĂ© sur plusieurs continents.

Le feu, lui, n’a pas de passeport.

Il est devenu l’un des visages du rĂ©chauffement climatique. Celui-ci n’allume pas les incendies. Mais il les prĂ©pare. Des mois de sĂ©cheresse. Des tempĂ©ratures extrĂȘmes. Des vents plus violents. Une vĂ©gĂ©tation transformĂ©e en combustible. Il suffit alors d’une imprudence, d’un mĂ©got, d’une Ă©tincelle.

Que peut un gouvernement français contre cela ?

Beaucoup moins qu’on ne le prĂ©tend. Beaucoup plus aussi qu’on ne le dit.

Il ne modifiera pas, Ă  lui seul, l’évolution du climat mondial. Penser le contraire relĂšve de l’illusion. Les Ă©missions françaises ne reprĂ©sentent qu’une faible part du total planĂ©taire. Le climat se joue Ă  l’échelle du monde.

En revanche, un État peut dĂ©broussailler les massifs. Entretenir les pistes. Renforcer les moyens des pompiers. Moderniser la surveillance. PrĂ©parer les populations. Limiter les dĂ©gĂąts. Sauver des vies.

C’est toute la diffĂ©rence entre empĂȘcher le phĂ©nomĂšne et s’y prĂ©parer.

Notre Ă©poque souffre d’un travers. Elle confond volontiers les causes et les responsabilitĂ©s. Parce qu’un gouvernement est responsable de ce qui arrive sur son territoire, on lui attribue parfois la maĂźtrise de ce qui relĂšve d’une mĂ©canique mondiale.

Cette confusion nourrit une politique de l’incantation. À chaque catastrophe, il suffirait d’un autre gouvernement, d’une autre loi, d’un autre ministre.

Le réel est moins confortable.

Le climat est devenu une affaire mondiale. Les réponses demeurent largement nationales. Entre les deux existe un écart que la politique peine à reconnaßtre.

Le feu continuera d’ignorer les frontiĂšres. Il serait temps que notre rĂ©flexion cesse, elle aussi, de s’y enfermer.