𝐋𝐞 𝐜œ𝐮𝐫.

Le soleil descend vers les toits de la rue du Pont-des-Marchands.

Le soleil descend vers les toits de la rue du Pont-des-Marchands.

Sur la promenade des Barques, les ombres des platanes s’allongent.

Le vent faiblit.

L’air redevient respirable.

Tout change.

Les terrasses se remplissent.

Les bancs publics aussi.

Des voix s’élèvent.

Des rires.

Les corps reviennent à la ville.

À la table voisine, trois jeunes filles.

Gaies.

Insouciantes.

Celle qui me fait face est la plus vive.

Ses yeux ont la couleur de ses cheveux.

Un châtain doré par le soleil.

Une robe fuchsia.

Une veste blanche jetée sur les épaules.

Des bagues à presque tous les doigts.

Des bracelets aux deux poignets.

Autour du cou, un mince ruban.

Il retient un petit cœur.

Le soleil continue de descendre.

Les ombres gagnent du terrain.

Quand les trois jeunes filles se lèvent enfin, la ville est presque entièrement dans l’ombre.

Le petit cœur aussi.