Autrement.

Au début, il y eut le corps.
Les réveils au milieu de la nuit.
La fatigue.
Les pensées qui tournaient en rond.
Le manque.
Comme un vide que rien ne pouvait combler.

Puis les semaines ont passé.
Les mois aussi.

Quelque chose s’est dénoué.
Lentement.
Sans bruit.

Les souvenirs ont changé de couleur.
Ils ne déchirent plus.
Ils réchauffent.

Son visage.
Son sourire.
Ses yeux lorsqu’ils cherchaient les miens.
Une remarque.
Une attention.
Un éclat de rire.

Tout cela revient désormais
enveloppé de douceur.
Comme une lumière de fin d’après-midi.

Rien n’a disparu.
Rien n’est revenu.

Tout demeure.
Autrement.