
Deux petites filles.
Au pied d’un platane.
Une lumière de septembre.
Le soleil encore chaud.
L’air déjà plus doux.
Elles parlent bas.
Leurs yeux brillent.
Elles sourient.
Autour d’elles, la ville poursuit son affairement.
Elles n’en savent rien.
Elles sont ailleurs.
Dans ce pays de l’enfance
où quelques mots suffisent
à faire un monde.
Puis elles disparaissent.
Aussi vite qu’elles étaient venues.
Il ne reste qu’un peu de lumière sur les dalles.
Je me suis demandé alors :
se souviendront-elles un jour de cet instant ?
Ou bien la beauté ne laisse-t-elle sa trace
que dans le regard de ceux qui passent.