La vieille taupe

Ces  dernières semaines, J.P Alduy et M Moynier, après G. Frèche, il y a quelques mois, ont pris des initiatives qui concourent à une plus grande lisibilité de notre région et de ses espaces à aménager. Pour bien les comprendre (ces initiatives) il est cependant nécessaire de prendre un peu de distance avec l’actualité. 

Un peu d’histoire pour commencer. Dans les années 80-90, Raymond Courrière, il n’était pas le seul, défendait l’idée d’une intégration de L’Aude et des P.O à la Région Midi Pyrénées. La faisabilité juridico-politique, à l’époque, d’un nouveau découpage des régions était impossible, et il le savait.

Les raisons d’une telle proposition sont toujours d’actualité. Mais la proposition elle même ne l’est pas.

Je m’explique.  

Ces raisons tiennent d’abord au fait, pour faire à présent un peu de géographie,  que l’Ouest du Languedoc-Roussillon : Carcassonne Narbonne Perpignan « décroche » de son versant oriental : Montpellier-Sète Nîmes Alès. La ligne de faille de ce décrochage se situant dans le Narbonnais Biterrois.

La conséquence logique est  qu’il faut inscrire l’Ouest régional dans un triangle d’aménagement et de développement constitué par Toulouse, le Narbonnais-Biterrois et Barcelone. Et l’ensemble oriental de la région dans celui constitué par  Lyon, Marseille et  Montpellier Sète. Le Narbonnais-Bitterois,lui, jouant un rôle charnière.

Pour ce faire, et pour faire un peu de politique aussi, il n’est pas nécessaire de réviser les périmètres des Régions françaises pour engager des actions prenant en  compte ces réalités comme on le prétendait à l’époque. Les « frontières » des régions françaises sont ouvertes, que je sache ; et les communes, les départements, ainsi que les communautés d’agglomérations… disposent d’une très grande liberté « de mouvement ».

Dans ce contexte, et ainsi mises en perspectives, les initiatives récentes de G. Frèche, sur l’axe Sète Nîmes (son projet de communauté urbaine…), et de M.Moynier et J.P Alduy, sur l’axe Narbonne Perpignan et au-delà vers Gérone, prennent tout leur sens. Elles s’appuient consciemment ou pas, et quelles qu’en soient les raisons d’ordre politique affichées, sur ces réalités géopolitiques. C’est très bien, et c’est tant mieux… « Bien travaillé vieille taupe ! »

Napoléon affirmait déjà, dans une formule ramassée, que « Les Etats font la politique de leur géographie. » Ça vaut aussi pour d’autres territoires organisés : régions,microrégions,villes etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois petites notes…

1) Salle des foudres, au château de Montplaisir.L’association A.C.I.E.R réunit autour des directeurs des maisons de l’emploi de Narbonne et de Béziers, et des directeurs de l’A.N.P.E des mêmes territoires, des cadres à la recherche d’un emploi.Une centaine de personnes dans la salle…Une illustration supplémentaire de la réalité vivante d’un espace économique et social cohérent: le Triangle d’oc.

2) Mon billet de dimanche a touché. Il faudrait donc condamner G.Frèche pour ses " sous-hommes " et se taire "pour la "poubelle de l’europe" d’I. Chesa.Pourquoi donc? Elle serait gentille, il serait méchant.Idiot! Sauf à être de mauvaise foi, ni l’une et ni l’autre ne peuvent être taxés de complaisance envers ce cancer qu’est le racisme.Leur engagement en témoigne.Mais il est des mots qui tuent.Et quand ils sortent,en proie à la surexcitation "affective" de leurs auteurs, il faut les brûler.Vite, et sans ambiguïtés…

3) Eclairer le réel est l’essence et le devoir du politique . L’exercice est difficile…

On vit au dessus d’un volcan.

Narbonne 39, Castres 17. Un score sans appel pour un match qui aurait du se terminer à la vingtième minute.

Face à un vent violent et facétieux, les joueurs narbonnais nous ont offert en effet, pendant cette première moitié du premier acte, un bien beau rugby. Un rugby inspiré et précis, limpide, qui fait de ce jeu, ainsi pratiqué, le plus beau des sports collectifs.

De là à crier au « Sublime » et au « Magique », comme Monsieur Bouldoire ( Indèp du 17 septembre, pages sports). Faut pas charrier quand même!

Ça me rappelle la remarque de R.Musil, dans l’homme sans qualité, à propos d’un cheval qualifié par un âne de génial.Après ce coup d’Etat linguistique, notre auteur n’utilisera plus ce terme.Et doutera de tout art à prétendre au génie… Si un cheval en a, alors ,à quoi bon une œuvre !

Cela dit, je préfère cette emphase, assez innocente, à celle franchement meurtrière de Monsieur Parra (Indèp du 17 septembre, page Narbonne) qui, lui" transperce, déchire, plante en plein cœur, enfonce jusqu’à la garde… désosse… " Et, pour finir : « les acheve… » Une vraie boucherie !

Un vocabulaire qui signale bien la nature essentiellement violente de tout sport collectif. Maîtrisée et disciplinée par le travail et le talent, c’est vingt minutes de bonheur. Sans principes et sans valeurs pour l’ordonner, c’est un champ de bataille : deux fois deux cartons jaunes à la 53ème et 55ème minute. Et un public au diapason : « On est chez nous, on est… »

Le rugby comme métaphore de la société.Qui me fait penser que l’on vit au dessus d’un volcan…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Royaliste l’Aude?

Les socialistes audois sont du genre facétieux. Cet été, une de leur jeune militante faisait pleurer Jospin. C’était il y a un siècle, ils votaient non avec Fabius et Montebourg au traité constitutionnel européen. Au dernier congrès de leur parti, ils se sont prononcés pour une synthèse fourre-tout présentée par Hollande. Et, aujourd’hui, leurs dirigeants se déclarent Royalistes. Avec une Ségolène qui surfe sur l’opinion après avoir envoyé par-dessus bord « le programme qui engage le parti … » ! Comprenne qui pourra ! Nous ne sommes pas cependant au bout de nos surprises. Hier, en effet, Lionel est parti en campagne. Et la machine à distribuer des bouffes aussi…Le spectacle politicien continue. Et il promet ! A gauche comme à droite… Quant au véritable débat d’idées les citoyens patienteront.Jusqu’à quand et à quel prix? 

 

 

Revue de presse

Les journalistes, enfin, pas tous, ceux qui font l’opinion : les quelques « grandes signatures de la presse écrite », nous prennent vraiment pour des andouilles. Les revues de presse de ce matin, à la radio et à la télé nous apprennent en effet  que le « débat » d’hier au soir organisé par le P.S pour départager Ségolène,Dominique et Laurent était ennuyeux. Les mêmes, qui, hier, tiraient à boulets rouges sur la politique spectacle se désolent aujourd’hui qu’il n’y ait pas eu de « mise à mort symbolique ». C’est ce que l’on appelle l’esprit de suite. On se «  paye » les politiques quand ils font dans la petite phrase assassine et on se les « repaye » quand ils n’en font pas… C’est le marché qui commande… Bon, cela dit, c’est vrai que c’était un peu … raide et, comment dire,… policé. Mais, au final, intéressant ! Ségolène est apparue comme une candidate à la présidence… des présidents de Région, Laurent, mal fagoté pour une fois ( était ce volontaire ?), nous a fait un remake de 2001 sans le programme commun de gouvernement et Dominique, au milieu, était bien dans la posture assumée du social-démocrate décomplexé. Il avait des airs de Clinton… Si les adhérents du P.S avaient un comportement « rationnel », c’est sur lui que devraient se rassembler leurs suffrages. Mais ! Comme disait, tonton ( je ne suis pas tout à fait sur de la formule…) : « le PS est composé de vrais petits bourgeois qui se donnent des airs de vrais-faux révolutionnaires. »

Avez-vous remarqué que derrière chacun des présidentiables se trouve un ancien jeune dirigeant trotkiste? Dray pour Ségo,Weber pour Fabius, Cambadélis pour Dominique.Et j’oubliais François (Rebsamen) derrière François (Hollande)!

PS: Ce serait bien si à l’U.M.P les primaires se déroulaient de la même manière…Quelle foire en ce moment!


 

 

 

 

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