Un 8 mai indigne, indécent !

 
 
 
 
Ma.9.5.2023
 
 
Hier donc, avant même l’arrivée du Président de la République à Montluc pour rendre hommage à Jean Moulin dont on commémorait le 80e anniversaire de son arrestation à Caluire, une casserolade avait démarré en début d’après-midi aux portes du périmètre de sécurité établi par arrêté préfectoral. Et en début de soirée de ce même 8 mai, sur une chaîne de télévision du service public, Sandrine Rousseau déclarait, à propos de la réforme des retraites : « On est en train de détruire ce pourquoi des Jean Moulin sont morts. » Ainsi, en ce jour du souvenir et d’hommage à la Résistance et aux combattants des forces alliées, plutôt que le Chant des Partisans, on a pu entendre, rapportés par des médias complaisants, la cacophonie casserolière et les propos délirants de carnavalesques « insoumis ». Un sinistre concert où la bêtise obtuse des uns rivalisait avec l’indécence de tous. Il faut que je le dise ! Hier, devant cet indigne et désolant spectacle, j’ai éprouvé de la honte. Honte, en pensant à tous ces déportés et fusillés pour fait de Résistance ; et à mon grand-père maternel en particulier, à ses combats, à sa déportation et aux souffrances endurées pendant et après son enfermement dans le camp de Buchenwald. Mais comment, comment cela est-il donc possible, songeai-je alors dans un mouvement d’humeur et de colère froide.
 
 
 
 
 

Ceci n’est pas un poulpe !

 
 
 
 
Ma.28.3.2023
 
Ce petit texte – allégorique – offert ce matin par mon amie Marie Paule Farina. Qui se passe de commentaires.
« Le poulpe est insaisissable. Apte à se modeler parfaitement sur le corps qu’il saisit, il sait aussi imiter les couleurs des êtres et des choses dont il s’approche. Insaisissable, le poulpe est un nocturne : comme Hermès, il sait disparaître dans la nuit, mais une nuit qu’il peut lui-même sécréter, comme les animaux de son espèce, et, en particulier, comme la seiche. Dolometis, dolophron, la seiche a la réputation d’être le plus rusé des mollusques. Pour tromper son ennemi, pour abuser ses victimes, elle dispose d’une arme infaillible : l’encre qui est une sorte de nuée. Ce liquide sombre, ce nuage visqueux, lui permet à la fois d’échapper à la prise de ses ennemis et de capturer ses adversaires, devenus ses victimes, comme dans un filet. C’est l’encre, nuée noire, nuit sans issue, qui définit un des traits essentiels du poulpe et de la seiche. Insaisissables, fluides, se développant en mille membres agiles, les céphalopodes sont des animaux énigmatiques : ils n’ont ni avant, ni arrière ; ils nagent obliquement, les yeux devant, la bouche en arrière, la tête auréolée de leurs pieds mouvants. »
(Extrait de « Les ruses de l’intelligence – La mètis des Grecs », p.46, Marcel Détienne et Jean-Pierre Vernant. Editions Flammarion, 1974)
 
 
 
 
 
 

Ce que dit notre addiction à l’indignation.

 
 
 

Ma.21.2.2023

J’ai pu constater ce matin encore sur mon fil d’actualités de trop nombreux « indignés » de la politique, de la culture et du reste. J’ai aussi remarqué, chez ces derniers, un suivisme compulsif, pour ne pas dire pathologique, des polémiques et des outrances du moment. Un moyen finalement assez commode, songeai-je, pour attirer le maximum d’attention sur soi et sa page : le marché des « idées » étant dominé par des frustrations, des peurs et des violences de toutes sortes. Un souci narcissique de distinction finalement qui, paradoxalement, pousse et renforce la visibilité sociale de tel fait ou de telle opinion déjà largement promu sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux. Loin donc d’un affranchissement des opinions et des pensées communes, j’ai l’impression, en lisant, survolant plutôt, ce genre de commentaires, de lire, sous des formes différentes, certes, un seul et même texte. Ce qui est lassant, et, pour tout dire, ennuyeux ! Comme ces images de voyages ou de dîners d’une extrême banalité ostensiblement présentées et commentées par leurs auteurs comme l’expression de moments uniques et merveilleux…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La première fois que j’ai vu et entendu Aurélien, je l’ai trouvé franchement…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Comment peut-on vivre et penser
dans une Assemblée composée
pour une grande part de vrais
psychotiques, d’authentiques
élus assurément cinglés
Comment conserver son calme
sans perdre raison et santé
au milieu d’un tel vacarme
et préserver sa dignité
sur des bancs à la dérive
soumis aux cris insolences
injures et invectives
pensai-je devant mon café
Comment résister à l’envie
de regarder le monde passer
et penser et vivre à vide
songeai-je enfin tôt ce matin
quand un jeune con d’Insoumis
du joli nom d’Aurélien
qui sait le poids le sens des mots
de sa superbe en plein chaos
vous tire aux côtés de Pajot
Simmonet Bompard et Ruffin
une rafale dans le dos
 
Ainsi fut-il dit d’Olivier
Dussopt qu’assassin il était.
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Réforme des retraites, une « guerre » de plus…

 
 
 
 
 
 
 
Humeur !
 
Quand les partis, leurs dirigeants et leurs élus sont dans l’opposition frontale et la démagogie, confrontés aux réalités et à l’exercice du pouvoir, ils ne peuvent que se renier. Et leurs électeurs surtout, crédules, de leur faire le procès de les avoir trahis par lâcheté, opportunisme ou intérêt. Pour s’en éloigner ensuite, les abandonner, leur faire perdre le pouvoir et partir avec leurs voix pour les donner à des mouvements encore plus violents et démagos. C’est l’histoire que nous vivons depuis les nombreuses alternances au sommet des pouvoirs et l’effondrement des deux grands partis de gouvernement (PS et LR) et de leurs coalitions. Et la réforme des retraites, comme d’autres avant, et le climat de quasi-guerre civile dans lequel elle est présentée, discutée et combattue, nous montre à quel point cette bascule perpétuelle entre opposition frontale et exercice du pouvoir caractérise notre culture politique. Une culture politique qui empêche de chercher et de trouver un consensus, même faible, sur quelque réforme de structure que ce soit. À croire que l’humilité et la sobriété dans les propositions politiques des uns et des autres, et leurs présentations, seraient, non point des vertus démocratiques, mais d’épouvantables faiblesses. Quand on pense que le projet de loi sur le mariage pour tous a été le prétexte d’une « guerre civile » qui aura duré six mois, nous n’avons pas de raisons de penser qu’on ne nous la rejouera pas pour celui concernant la réforme des retraites. D’ailleurs, elle a déjà commencé !
 
 
 
 

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