Rentrée ! Mon bon Môssieu, avant c’était mieux !

 
 
 
 
 
 
Di.4.9.2022
 
 
 
Une enseignante que je connais, à la retraite depuis 20 ans, me disait que, jeune dans la profession, on recrutait déjà des militaires à la retraite pour pourvoir des postes de lycées ; que, de tout temps, il y avait eu pénurie de profs de maths dans le secondaire. Elle me disait aussi qu’elle avait vu arriver des déferlantes d’instituteurs, toujours dans le secondaire, qui, du jour au lendemain, s’improvisaient prof de physique ou d’histoire-géo… J’en ai d’ailleurs eu de ce genre dans mon collège. Et des bons ! jusqu’au BEPC… Aussi ai-je du mal à comprendre le procès fait à l’actuel Ministre de l’Éducation Nationale qui s’efforce de combler les postes d’enseignants titulaires vacants en recourant à des personnes ayant été recalées aux divers concours de recrutement depuis cinq ou six ans, notamment. Il braderait le principe républicain du concours, alors qu’il a, de fait, toujours été contourné sur les marges : l’ajustement parfait entre besoins et sélection administrative par cette seule voie étant par définition, si je puis dire, impossible. Rien de nouveau donc dans l’histoire de ce grand service public, contrairement à ce que je lis et entends un peu partout…
C’est comme l’orthographe et le français. Une désolation, du jamais vu, une catastrophe morale et intellectuelle. « C’était mieux avant ! » Eh ben, non ! En 1966, jeune engagé volontaire, après mes classes et mon « peloton », j’avais accès aux dossiers militaires des jeunes appelés du 3ᵉ RPima de ma section. La dernière page de ces dossiers était une feuille manuscrite sur laquelle chacun avait écrit, dès son arrivée à la caserne Laperrine, ses « premières impressions ». Elles étaient tout simplement Illisibles ! Illisibles, alors que je vivais dans l’idée que tous les jeunes gens de ma classe d’âge avaient au moins le BEPC et écrivaient proprement sans trop de fautes de grammaire et d’orthographe. Je découvrais alors, stupéfait, que j’étais entouré d’analphabètes ou presque venant de toutes les régions rurales et ouvrières de France.
Aussi, je ne laisserai jamais dire qu’avant, c’était toujours mieux !
 
 
 
 
 
 

La leçon de Sempé « — couché ! »

     

Sa.13.8.2022

Moments de vie.

Je me suis levé avec « la tête lourde. » Je la garde en général toute la journée. Dire que j’en souffre serait exagéré. Je n’en ressens pas les douleurs d’un migraineux. Une sorte de fatigue seulement dont la base du cou porte le poids. Alors les yeux se voilent et l’esprit s’épaissit. Cette lassitude n’est pas physique, mais plutôt, disons morale. Comment ne pas être plombé tout je jour quand au réveil s’impose l’image de millions de musulmans fanatisés justifiant la fatwa de Khomeini ou « comprenant » la tentative d’assassinat de Salman Rushdie par un des leurs, hier, à New York. Ou quand les besoins alimentaires du ménage m’entraîne au marché de Gruissan gros d’une foule irrespectueuse et débraillée où même des mémés ont les cuisses tatouées. Quand encore, à la terrasse de la boulangerie, je dois supporter des autochtones causant des gestes et de la voix du sauvetage d’un béluga à la dérive dans les eaux chaudes de la Seine. « Scandaleux… Tout ce pognon déversé (!)… Et je t’en foutrai … » Le Président de la République en faisant évidemment les frais. À les entendre, il serait incapable de modifier le climat, d’empêcher la sécheresse et les feux de forêt, d’arrêter la guerre en Ukraine et d’attirer la pluie… Difficile de s’extraire de cette humanité ! J’ai pourtant essayé en me plongeant dans les pages du Monde. En commençant par la dernière. Celle de l’édito. Las ! « La France doit se préparer au défi du grand âge ». Et ce constat accablant : entre 2030 et 2050, les 85 ans vont croître de plus de 90%. J’en serai ! En page 15, cependant, un remarquable texte de Francis Marmande sur Sempé. Il est mort le 11 août, à 89 ans. J’aimais son élégance, son intelligence et son ironie douce-amère. Génial dans la satire, dans la saisie d’un geste, d’une attitude, d’un instant, il excellait dans le décalage entre personnage et nature, individu et foule, bêtise et ambition, notamment. C’était à sa manière un de nos plus grands philosophes. Un poète aussi. Il aimait les chats et le jazz. Comme Francis Marmande qui, autrefois, publiait des chroniques dans ce même journal, sur le jazz, précisément, et la tauromachie. Chroniques érudites et savoureuses dont j’ai encore la nostalgie. J’écris ces quelques lignes au moment où passe devant moi un homme âgé, en short, torse nu. Il est maigre, pâle et plissé. Indécent. Oui ! Rien n’est facile en humanité. Il faut de la lucidité, de la pudeur, de la sincérité et tenter de la vivre, malgré tout, avec élégance et légèreté.

     

Moments de vie : « Il va falloir nous restreindre Rose ! »…

   

Moments de vie.

Di.7.8.2022

« En été, je ne quitte jamais Gruissan ! Avaler des kilomètres de bitume, fondre dans des bouchons, râler après mon GPS qui n’en fait qu’à sa tête et de mon mari perdu dans sa « Michelin », cet âne, boire au goulot des litres d’eau minérale dans une bagnole climatisée, afin d’éviter une thrombose profonde au mollet droit qui me conduirait fatalement dans un couloir des Urgences … Non ! Jamais ! », me disait véhémentement Rose-Marie. « Je préfère rester chez moi ! »… « Et puis c’est bon pour le climat ! non ? »… « Regardez nos villes, villages et stations, Michel ! Trop de monde, trop de bagnoles, trop de bruit, trop de déchets, trop de tout… Et de moins en moins d’eau, et cette chaleur ! » On peut comprendre Rose-Marie. Elle est née et n’a jamais vécu ailleurs que dans ce superbe village du bord de la Méditerranée. Vivrait-elle à Epinay sur Seine ou Toulouse que son point de vue serait forcément plus nuancé, lui faisais-je remarquer. Que de grandes masses humaines sevrées de soleil et de mer éprouvent l’irrépressible désir de venir jusqu’ici, en juillet et août, pour enfin en jouir, quoi de plus naturel, ajoutais-je. Tout en lui concédant cependant que ces mouvements et entassements saisonniers de foules pressées n’étaient plus désormais, écologiquement et socialement, supportables. Les épisodes caniculaires de cet été et ses conséquences en tout domaines l’ayant beaucoup mieux démontré que tous les rapports annuels alarmants du GIEC. « Vous avez raison Rose-Marie ! Nous devons nous adapter, et très vite, à ces changements climatiques avant que Gruissan ne soit sous l’eau… J’ironise à peine, mais il est certain que nous sommes dans l’obligation de restreindre nos désirs et consommations de biens, de loisirs et d’espaces… Tenez ! Votre « maison-4faces-jardin-piscine » et vos revenus locatifs tirés du tourisme de masse, tourisme dont votre village et notre région vivent, ce n’est plus possible de continuer ainsi ! » Sur ce dernier et très sérieux échange d’idées mené sans affectation, la discussion ensuite a rapidement filé pour bifurquer vers des sujets plus légers – c’est l’été ! – : le prochain voyage collectif de Rose-Marie, en octobre, en Aragon ; nos courts séjours, cet automne à Llafranc ; la culture et les mœurs de l’Espagne voisine, que nous aimons ; les derniers plaisirs gastronomiques aussi et les prochaines vendanges, vendanges qui commencent chaque année un peu plus tôt, les tonneaux s’accumulant et se vendant de plus en plus tard… ce soir-là, l’air était encore trop chaud pour jouir des bienfaits nocturnes habituels à la terrasse du café de la Paix. Mais, pour une fois, l’ambiance sonore était, disons civilisée. Avant de nous quitter, tard dans la nuit, Rose-Marie, nous a donné rendez-vous, en toute innocence, à « Barques en scène », la mega fête de fin de saison estivale dans le cœur de ville de Narbonne. Que je fuis ! Trop de monde, trop de bruit, trop de trop… Notre amie avait déjà tout oublié de nos échanges et de ses nobles pensées du début de soirée. Elle est tellement française, Rose !

       

La cheffe Panot cuisine pour LFI des tweets abjects…

 

Di.16.7.2022

Je finis de boire un café sous mon mûrier dans un silence animé par les seuls pépiements des moineaux. Les premières cigales suivent qui rompent la douceur de cet agréable moment matinal. Depuis quelques semaines nous nous levons ensemble avec le soleil

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