Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne. Le parvis d’un Théâtre Scène Nationale en friche: et une entrée de ville indigne…

   
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Comment cela peut-il exister qui ne suscite la colère de personne? Comment peut-on encore tolérer ce lâche abandon, par nos édiles, du parvis du Théâtre Scène Nationale aux herbes folles et à la lente mais inexorable auto destruction? Par quelle aberration de l’esprit est-il permis de présenter toujours aux yeux de tous et des non-résidents en visite une entrée de ville digne d’une bourgade du tiers monde? Comment justifier une vitrine culturelle aussi désolante et prévoir à ses côtés une salle multimodale à 20 millions d’euros et un musée de la romanité,  signé Norman Foster? Et comment peut-on  faire preuve, à ce point, d’irresponsabilité sans que l’âme même de notre cité ne se sente blessée?

Je sais bien que lors du transfert du Théâtre au Grand Narbonne, son parvis est resté dans le patrimoine de la Ville, qu’il est donc à sa charge et que ce fut une erreur. Mais n’est-il pas dans l’intérêt des deux collectivités, de Didier Mouly et de Jacques Bascou (et de celui de leurs administrés surtout), qu’un accord soit établi entre eux sur les modalités concrètes d’une rapide rénovation de ce qui risque d’apparaître, dans les prochaines années qui restent de leur mandat, comme une friche urbaine au pied d’un temple culturel que de nombreuses villes nous envient?

Techniquement, cela ne pose  pourtant aucun problème. Il suffirait, au mieux, de transmettre la propriété du parvis au Grand Narbonne ou, à tout le moins, et en l’état des propriétés, concevoir et réaliser un programme commun de travaux. La première solution serait évidemment la plus rationnelle et la plus efficace, dans la gestion des travaux, comme dans l’obtention de ressources financières additionnelles. J’ajoute que ce transfert de propriété devrait pouvoir se faire, de surcroît, dans le cadre d’un plan d’ensemble afin de résoudre des situations semblables et tout aussi dommageables sur d’autres sites. Je pense notamment aux serres municipales qui se trouvent sur des terrains appartenant à l’Agglo, ou des abords de la Médiathèque, propriétés de la Ville alors que la Médiathèque appartient au Grand Narbonne, notamment…

Rien donc ne saurait justifier, ni politiquement, ni financièrement, ni techniquement cette image dégradée, honteuse, de cet ensemble culturel offert aux yeux de ceux qui, cet été, nous font l’honneur de nous rendre visite. Quant aux miens, ils  ne la supportent tout simplement plus, comme ils ne supportent plus la lecture de « papiers » démagogiques et pervers transférant au « voisin » l’entière responsabilité de cette aberrante situation.


 
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Commentaires (10)

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    Joel Raimondi

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    Désolant ! Déplorable! Attristant ! (DDA) On peut se demander pourquoi nos élus, n’entretiennent pas – ne rénovent pas – les équipements existants ? Voir par ex le Palais du travail ou le parc des expositions…. Ce parvis a sans doute été pensé pour servir à des spectacles de plein air ? Alors plutot qu’imaginer une salle à 20 millions qui en coutera 40, mieux vaudrait réfléchir à une transformation de ce théâtre qui pourrait être modernisé et grandi en débordant sur ce parvis abandonné donnant une pietre image de la ville et revons un peu : poursuivre la rénovation de la robine depuis le théatre jusqu’a Goa ….

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Ce que je ne cesse de défendre Joël. Voilà un vrai programme structurant pour notre centre ville que celui d’aménager cet axe le long de la Robine…

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    Elle

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    Cet escalier tombe en ruines depuis plus de 10 ans, et il y pousse de jolies petites plantes. Ni Moynier, ni Bascou, ni Mouly, successivement maires (et pour certains à la tête de l’agglo) de cette ville ne s’en sont souciés. Cet escalier ne sert même pas pour l’entrée au théâtre, on ferait mieux de le raser et de mettre un jardin à la place. Ce serait bien plus chic !

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Tout en effet plutôt que cette horreur, cette indignité…

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    Le Maître

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    Comment les édiles peuvent supporter une telle dégradation en effet, mais si j’ai bonne mémoire ce parvis s’est rapidement dégradé après la construction, il y a sûrement eu un défaut de réalisation qui devait être sous garantie décennale et c’est peut être là tout le problème: si les responsables du chantier, architectes, maître d’ouvrage, et de son suivi en garanties ont bien fait leur boulot il aurait dû y avoir procédure et remise en état, est ce le cas de procédures qui traînent en longueur ?
    Même si c’est le cas il pourrait y avoir un minimum d’entretien de propreté par les services techniques de la ville ou de l’agglomération mais la aussi se trouve la difficulté: qui doit intervenir? Et on touche du doigt la problématique de ces mille-feuilles que sont la ville, a communauté de commune et on y perd son latin dans la cité romaine…..

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Comme je l’indique dans ce billet, la procédure à mettre en place entre Ville propriétaire du parvis et le Grand Narbonne, propriétaire du Théâtre , est fort simple à mettre en place. Là n’est pas le problème . Le problème est de nature politique, et dans l’absence de volonté politique de coopération. Voire même la recherche et l’entretien du conflit, pour le conflit. De ce point de vue, cet exemple en est esthétiquement le plus criant et le plus désolant pour l’image et la notoriété de notre cité…

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    Jacques Ramon

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    Et que dire du Palais du Travail…et des retours d’égouts dans Les Halles…

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      J’ai déjà écrit un billet sur le Palais du Travail Jacques… Et des retours d’égouts, on en a place de l’hôtel de ville… Sérieux!

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    MÜHL Philippe

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    J’ai eu le bonheur de faire partie de l’équipe qui a créé « Le Théâtre » et d’avoir travaillé directement avec les architectes, le groupe »ARC ». Le parvis n’a pas été conçu pour accueillir des spectacles (nous n’en avons fait qu’un seul  » le Bal » de José Montalvo). Le parvis est trop prêt du rond point, un spectacle risquerait de détourner l’attention des conducteurs de même que de grands panneaux d’affichage des spectacles. Ce parvis ne sert pas plus d’escalier. Les architectes ont pensés que le parvis serait un appel à rentrer dans le théâtre, d’autant que la porte du théâtre est au Sud pour des raisons de vents dominants (côté Robine). Aujourd’hui se parvis n’a plus aucune raison d’être (son état déplorable est un repoussoir). Une belle pelouse avec des fleurs et des arbres donneraient une image bien plus accueillante de notre Scène Nationale. Pour la question: « Le théâtre est presque en-dehors de la ville ». Nous y avons évidement pensé. Il faut savoir que la construction du théâtre demandait une réserve de terrain suffisamment grande, de plus il fallait un parking et prendre en compte l’accessibilité du lieu. Le seul terrain disponible était celui-ci. C’est aussi pour cette raison que la façade Ouest est vitrée, ainsi l’on peut voire la cathédrale et donc on est moins coupé de la cité. Vous pourrez aussi remarquer, du premier étage dans l’angle droit, la voie qui menait les pèlerinages de la cathédrale à la chapelle derrière le théâtre. Cette voie à été préservée, la chapelle restaurée et vous constaterez que le théâtre est aligné sur la voie pour respecter cette perspective.
    Le parvis est constitué de modules de béton qu’il faudrait donc isoler de l’humidité. Il suffira en suite de le paysager avec pelouse et arbres de la région évidement.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Il est bien et utile de rappeler l’histoire et les conditions qui ont présidé à la construction de cet ouvrage Philippe. Merci!

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