Cinéma ! Quelques mots sur « La Conférence », un film magistral !

 
 
 
 
 
 
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Di.23.4.202
 
Cinéma : 15 heures. « La Conférence , dans la salle Art et Essai du Théâtre du Grand Narbonne.
 
Synopsis : « Au matin du 20 janvier 1942, une quinzaine de dignitaires du Ille Reich se retrouvent dans une villa à Wannsee, conviés par Reinhard Heydrich à une mystérieuse conférence. Ils en découvrent le motif à la dernière minute : ces représentants de la Waffen SS ou du Parti, fonctionnaires des différents ministères, émissaires des provinces conquises, apprennent qu’ils devront s’être mis d’accord avant midi sur un plan d’élimination du peuple juif, appelé solution finale. Deux heures durant vont alors se succéder débats, manœuvres et jeux de pouvoir, autour de ce qui fera basculer dans la tragédie des millions de destins. »
 
La veille, je publiais un billet dans lequel je m’interrogeais sur le comportement de certains jeunes gens au musée d’Auschwitz, leur usage de selfies et leur façon de se mettre en scène et en image. Et ce que, pour moi en tout cas, ces pratiques numériques signifiaient sur un plan, disons civilisationnel.
Dans la salle, pour en revenir au film, pas bien grande, au 3/4 vide, que des « têtes chenues », comme la mienne. A la fin de la projection, je me suis demandé si le jeune homme faisant le funambule sur les rails du musée, en illustration de mon billet, ou la jeune femme qui y était couchée en travers prenant la pose, son visage tourné vers le soleil, un sourire satisfait aux lèvres, aurait tenu deux heures devant ces images sans musique, ni actions. Une conférence en allemand, qui plus est, sous-titrée. Des images qui montrent comment un antisémitisme, disons désordonné, est métamorphosé par le traitement institutionnel pour aboutir à un antisémitisme de raison : sérieux, abstrait, chiffré. Le cadre : un huis clos dans le climat gris d’une villa grise dont on devine que les propriétaires ont été exécutés ; la mise en scène est tirée au cordeau, sèche, froide, et le casting – choix et jeu des acteurs – remarquable – et avec quel talent sont exprimés là tous les sentiments propres à des hommes de pouvoir au service d’un projet politique génocidaire : opportunisme, lâcheté, prédation… –, rendent parfaitement compte d’une réalité humaine et historique glaçante. Terrifiante ! Un film magistral, nécessaire. À voir !
 
 
 
 
 
 
 

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Commentaires (2)

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    Couriaut

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    Dans le même contexte, je vous conseille le petit livre d’Eric Vuillard « l’ordre du jour », aux éditions Actes Sud. Comment les grands patrons de la sidérurgie allemande se sont engagés à financer le parti national-socialiste lors d’une réunion du 20 février 1933.

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      Michel Santo

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      Bonjour ! Et merci pour ce conseil de lecture…

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