Contre-Regards

par Michel SANTO

Confinement ! Le temps de la flamme…

       

– Mais quel jour sommes-nous, dimanche ? 

– Non Samedi !

– Ah !

Je suis bien obligé de le constater : confiné, je perds parfois la mémoire des jours. Passant, leurs noms se confondent et perdent leur identité. Le jeudi n’est plus le jour du marché de plein vent et le mardi celui où je vais chercher ma petite fille à l’école, notamment. Chaque jour de confinement ressemble finalement au dimanche, cette figure sociale de l’ennui, l’enfermement imposé en plus. Un temps vide d’activités sociales et de divertissements* qui ne nécessite plus, ou si peu, de planification calendaire et horlogère (le temps du sablier, selon Bachelard). C’est un peu le sentiment que j’éprouve, depuis notre « mise en quarantaine » administrative. Tout se passe, en effet, comme si, par-dessus le flux soumis essentiellement aux rythmes vitaux : le manger et le dormir, s’élevait celui, continu, où s’entremêlent passé et présent, souvenirs, sentiments… (le temps de la flamme). Celui qui appelle le veilleur à lever les yeux, quitter le « temps des tâches » et de l’ennui pour entrer en soi ; et mieux s’ouvrir au monde, chacun à sa façon, pour y trouver dans l’absurde ou le merveilleux, peu importe après tout, une sorte de sagesse – inatteignable !…

*Enfin ! pas tout à fait, puisque nous avons la ressource d’échanger, de visiter villes et     musées, de nous informer, etc.. dans l’espace-temps de la « toile », sans quitter notre   chaise.

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