Dans l’Aude, le tragique et la douleur ont fait brutalement irruption…

     

Narbonne, le 16 octobre à 13 heures

Depuis hier soir, ne me quitte plus ce sentiment du dérisoire et de l’insignifiance  de la « vie » politique telle que la rapportent et la commentent nos faiseurs d’opinion. Cette vague mais persistante sensation de ne voir dans le miroir qu’ils nous tendent que de misérables gesticulations, leurs singeries à l’annonce publique de la composition du nouveau gouvernement, il y a quelques minutes à peine, m’en donnent l’affligeante démonstration. Mon Dieu que l’attente était insupportable ! Mon Dieu que ces changements d’hommes et de femmes importent au présent et au devenir de notre société, nous chantent niaisement éditorialistes, experts et politologues de profession. Et que d’articles et commentaires en stock sur les boutons de manchettes de monsieur Castaner ou les costumes de monsieur Philippe ; et que de cris allons-nous donc entendre sur les plateaux de télévision. Mais qui dira la stupeur, le désarroi, la tristesse, le sentiment d’abandon de ceux qui depuis hier ont tout perdu dans cette belle région que j’aime tant ; qui dira ces villages sous les eaux, dévastés ; ces hommes, ces femmes, ces enfants en pleurs : un parent, un voisin, un proche disparu ; qui dira leur angoisse, leurs nuits blanches, leurs lendemains obscurs ; qui dira le courage et le dévouement d’autres hommes et d’autres femmes : élus, pompiers, gendarmes et tant d’autres anonymes ;  leurs veilles, leurs gestes, leurs mots, leurs secours ; qui dira ces images, ces scènes de détresse, qu’il est si difficiles d’oublier encore au moment où j’écris ces lignes.  À l’abri, si près et si loin… Démuni,  emplit de peine et de ces mots seulement pour l’écrire. Qui dira enfin le pathétique de la recherche de boucs émissaires pour expulser sa colère ou marchander ses « papiers », valoriser ses tirages ou son audimat ; vendre ses analyses et vanter ses programmes. Rien ne pourra jamais expliquer, en effet, ce désastre ; et rien ne pourra jamais l’expliquer parce que rien ne peut expliquer totalement de tels catastrophiques évènements. Un vide de la pensée dont sourd une  violence qui est celle de la conscience humaine confrontée à celle de nos sociétés modernes pour lesquelles tout résulte d’un enchaînement de causes et d’effets :  la raison seule pouvant en rendre compte ! L’irruption soudaine du tragique dans une existence humaine ou sociale, comme ces derniers jours dans l’Aude, vient de nous en rappeler, hélas !, la vanité… Comment, après ces drames, ne pas voir le monde autrement ? Et prendre les gloses politico-médiatiques de ce jour pour ce qu’elles sont : d’insignifiantes, et parfois ridicules, distractions…

       

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Commentaires (2)

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    Aimé COUQUET

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    « Vanitas vanitatum et omnia vanitas » l’Ecclésiaste.

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    baleine_triste

    |

    Cher Monsieur SANTO, j’ai toujours grand plaisir à lire votre blog qui permet de trouver des informations pertinentes sur la Narbonnaise. J’ai hâte de lire vos prochains articles qui parleront peut être de l’hôpital de Carcassonne qui a été construit dans une zone inondable, où vous nous éclairerez de vos lumières sur les inondations de Saint Marcel d’Aude, et Coursan, et même cerise sur le gateau, vous nous expliquerez en quoi la NVH Nouvelle Voie Humide d’Orano va révolutionner le site de Malvesi en lui rajoutant une cheminée supplémentaire de 20 mètres en plus de celle prévue pour le TDN….bref vos compétences techniques certaines vestiges d’un passage au Ministère de l’industrie vont alimenter ma soif d’apprendre sur ce magnifique département de l’Aude aujourd’hui sinistré, mais qui fort de ses habitants, va se relever, comme il l’a déjà fait par le passé dans pareilles circonstances.Bien Cordialement.

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