Dimanche 2 février aux Halles de Narbonne: la campagne des municipales 2014, et bien d’autres chose !… !

 

 

 

 

 

 

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Je ne me suis pas attardé dans le coeur des Halles, Dimanche matin. Moins de ferveur qu’habituellement ! Pourtant , les mêmes fidèles en quête de nourritures platement terrestres, en général des dames, ou grassement spirituelles, quasi exclusivement des hommes –  toujours rassemblés autour des mêmes « tonneaux » – , y vaquaient à leurs traditionnels offices. Une lithurgie dominicale d’un grand classique : les files d’attente pour les femmes, les « tonneaux » pour leurs hommes; la « bouffe » pour les unes, l’apéro pour les autres … Un concentré de stéréotypes genrés comme autant de marqueurs sociaux scandaleusement inégalitaires, la parfaite illustration d’une moyenâgeuse  division du travail domestique qu’il conviendrait en toute urgence de révolutionner ; et la confirmation surtout  de l’utilité des ABCD de l’égalité promus par Najat et Vincent, non seulement en maternelle, mais aussi dans ce temple de la consommation  que sont les Halles de Narbonne. Haut lieu de socialisation, de communion et de représentation, elles ne sauraient échapper en effet à ce vaste et profond mouvement de normalisation « progressiste » qui manifestement fait la joie de notre bon vieux peuple usé et rabougri . J’en profite pour suggérer au président des dites Halles, s’il ne veut pas être la prochaine victime d’une attaque foudroyante de Femens narbonnaises, de prendre des initiatives en ce sens. Une Gay Pride dans l’axe poissons-volailles ferait dans un premier temps l’affaire … Je dérape ! Que vous disais je au juste ? Ah oui, que j’étais pressé d’aller fouiller dans les présentoirs de mon bouquiniste installé devant la grande entrée. Là, sur le parvis, sous la grande horloge, en plein vent – froid -, quel monde, il y avait ! Surtout des évangélistes laïques animés d’une grande ferveur distributive, d’au moins trois des listes en compétition dans la campagne des municipales. Sabine, souriante, m’a gentiment donné une jolie carte postale de Jacques Bascou ; Robert, un brin bourru, un tract d’une couleur jaune non répertoriée signé Didier Mouly ; et un monsieur,  que je ne connais pas, un feuillet bleu – enfin bleu ! – orné d’une magnifique et grossière faute d’orthographe – ou d’impression, allez savoir ! – vantant les compétences du candidat Constantin … Pinet de l’UMP , lui , se reposait du meeting de la veille, auquel participait aussi un commando d’espions venus de la droite apolitique ( ! ) – qui porte désormais des écharpes rouges ( re ! ) – munis de compteurs professionnels, de téléobjectifs et d’enregistreurs. Une indiscutable preuve de confiance et d’amitié qui fait plaisir à voir ! Un peu plus loin, près du monument aux morts, deux fossiles vêtus de robes de bure blanches étaient agrippés à une immense croix en bois naturel, comme un couple de croisiéristes passé par dessus bord le serait avec un transat bourré de catalogues de vacances d’hiver … Quelle époque tout de même ! sans profondeur historique, déritualisée ; toujours orientée vers des futurs fantasmés et radieux ; froide comme des écrans plasma sans images; une société où la caricature toujours en tout domaine se présente comme la forme d’expression de référence … Un peu perdu dans ces brumeuse pensées, je me disais que peut-être ce soir nous serions quelque uns , dans un léger mouvement de retrait, à faire sauter des crêpes joliment dorées en souvenir d’un temps où de rugueux paysans, flambeaux à la main, processionnaient à travers champs la nuit tombée …

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