Enfin ! le sursaut républicain de 36 élus du Narbonnais…

Le 9 Décembre, j’écrivais ceci sur ma page Facebook : « Dans ma petite ville de Narbonne, samedi dernier, des flammes devant l’entrée de la sous-préfecture – située elle-même face au commissariat de police. Plus tard, un péage et le bâtiment de la gendarmerie mobile dévastés. J’ai attendu durant toute cette semaine – et attend encore – la réaction indignée, individuelle ou collective, de nos élus municipaux, départementaux, sénateurs etc de gauche , de droite et d’ailleurs. Silence ! C’est dans ces moments que l’ont peu mesurer le courage et l’honneur de ceux qui, pourtant, sont censés, par la vertu de leur exemple, porter les « couleurs » de la République, en défendre ses symboles et ses gardiens. Je n’ai pas été déçu ! Je me demandais aussi – et me demande encore – ce qu’auraient été leur attitude et leurs actes dans des circonstances encore plus tragiques… » *

Pourquoi ce texte ? Pour une raison simple ! Laisser des individus violents  s’en prendre ainsi aux symboles de la République sans réagir vivement pour les condamner, c’est leur donner le  permis inconditionnel de détruire, d’agresser, d’intimider… 

Ce qui n’a pas manqué ! Le député de l’Aude Alain Perea  vient d’en faire, en effet, l’amère expérience. Mardi soir, donc, une trentaine de Gilets Jaunes se sont invités devant son domicile à Villedaigne pour un apéro – « jaunes et tapas ! » –  moins fraternel qu’ostensiblement revendicatif. Ils  exigeaient : « une chambre citoyenne pour voter et reprendre le pouvoir » et la prise en compte – et en charge – d’un panier de revendications aux contours, pour certaines, nébuleux. Plus précis cependant était leur avertissement : « Si rien ne se passe dans un délai très court, nous les électeurs, nous les Gilets Jaunes, on devra bouleverser le système. » Amusant, non ?!

Ce qui était prévisible s’est donc finalement réalisé ; à la différence près qu’au silence général des jours précédents, cette incursion dans l’intimité du député de l’Aude, a provoqué une réaction collective des élus, tous partis – ou convictions – de la Narbonnaise. Ainsi, l’Indépendant titrait, hier , : « Sénateur, député européen, président de l’Agglo et maires de 33 communes expriment dans un manifeste leur rejet «de la violence et de l’intimidation» après l’action des gilets jaunes devant le domicile du député LREM de l’Aude Alain Perea. » Une déclaration qui, dans son dernier et martial envol, proclame qu’aucune cause : « ne justifie et ne justifiera jamais la violence et l’intimidation, porteuses tout deux des ferments de la dictature et du chaos ! Vive la République, vive la démocratie et vive la France ! »  Bien, très bien !

Demeure toutefois en suspend cette question : si ce sursaut républicain avait eu lieu immédiatement après la mise à feu devant la sous-préfecture et le saccage du bâtiment de la gendarmerie mobile, en serions nous aujourd’hui à applaudir celui provoqué par cet apéro si peu citoyen, le soir tombé, devant le domicile d’un élu de la République ? La réponse est dans la question, même si je ne veux garder en mémoire que cette dernière et tardive attitude…

 

*Il s’est trouvé qu’un élu, et non des moindres, a commenté ainsi ce texte sur ma page Facebook  : « Le respect d’abord, et le recul nécessaire pour laisser la colère s’exprimer sans qu’elle ne soit jamais récupérée… Cela s’appelle une attitude responsable… » Respect, attitude responsable, donc, pour ce Monsieur, que de rester silencieux quand des symboles de la République sont violemment attaqués, détruits… Quant au reste de sa prose (lire en cliquant sur ici) ! Sans commentaires…

 

 

Commentaires (5)

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    Pfister Thierry

    |

    Défendre l’un des leurs est une manière de se protéger. Cette démarche relève du corporatisme. Défendre la République exigerait de privilégier les principes plutôt que l’électoralisme.

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      Michel Santo

      |

      Vous l’aviez compris, ce billet est à double fond ; et vous avez raison !

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    Michel Dumas

    |

    Jusque là je n’ai pas soutenu l’action des gilets jaunes et je ne la soutien pas d’avantage aujourd’hui.
    Sauf que j’en comprends le sens et je soutiens ce sens comme originel et fédérateur du ras le bol.
    J’explique ce que tous les démocrates sincères doivent comprendre:
    Nous sommes sous l’égide d’une constitution monarchique qui ne laisse aucune place à une représentation politique proportionnelle au vote des citoyens.
    Nos institutions sont organisées selon le mode militaire Napoléonien – tout vient d’en haut-
    Notre organisation vide le budget de l’Etat des fonds nécessaires à notre organisation elle même budgétivore
    Les hommes politiques jouent depuis des décennies avec ces institutions pour se faire élire et réélire

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      Michel Santo

      |

      J’ai écrit un billet titré : « donner aux citoyens le pouvoir d’évaluer la dépense publique de la commune à… » qui va dans le sens de vos remarques. Bon dimanche !

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    Camus Thierry

    |

    Les élus locaux de tous bords n’ont jamais brillé au niveau dynamisme et courage , nous en sommes témoins depuis des décennies . Je compatis à « l’agression » subie par notre inénarrable et chéri député , j’ai nommé Mr Alain Perea mais il faut avoir à l’esprit que étant donné qu’il est un traitre notoire , parti à la gamelle de la REM , il ne doit pas s’étonner d’en subir les conséquences . Je suis d’accord avec vous sur les symboles de notre République bafoués par un pouvoir arrogant au service des puissants .

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