Contre-Regards

par Michel SANTO

Gérard Calvet était un peintre du bonheur ! Il vient de nous quitter…

Gérard Calvet. Collection privée.

 

C’est avec un étonnement douloureux que j’ai appris le décès de Gérard Calvet, un peintre de mes amis , – malgré notre grande différence d’âge. Son sourire, son regard malicieux vont nous manquer ! Il était né en 1926 à Conilhac-Corbières dans l’Aude ; et après des études secondaires au Lycée de Carcassonne, il est « monté » à Paris, en 1945, pour entrer à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dans l’atelier de Eugène Narbonne où il fut  particulièrement impressionné par l’art vigoureux et incisif de Bernard Buffet. Il y cotoie alors des sculpteurs aussi différents que César, André Jaoul, et Georges Oudot. Il sera aussi profondément marqué par la vitalité de l’école de Paris figurative et notamment Lorjou, Rebeyrolle… Leur fréquentation oriente son art vers un réalisme fait d’empatements à dominante ocre et brune. Revenu dans le Midi avec un bagage artistique solide, il adhére, ensuite, dans les années cinquante, au Groupe Montpellier-Sète dont le chef de file était François Desnoyer, avec Georges Dezeuze, Pierre Fournel… À leurs manifestations sont invités aussi des peintres amis du groupe, dont Pierre Ambrogiani, Maurice Sarthou, Marcel Bouissou… Dès cette époque, la peinture de Gérard Calvet est déjà tournée vers la couleur et trouve sa véritable place dans son nouvel environnement pictural. Aujourd’hui, ses œuvres figurent dans les collections particulières de nombreux pays ainsi que dans celles d’une douzaine de musées français et étrangers : le Musée national d’art moderne et le Musée d’art moderne de Paris, le Musée royal de Suède, le Louisiana au Danemark ou le Sparkasse d’Heidelberg. Sans oublier bien sûr le Musée Fabre de Montpellier, le Paul Valéry de Sète, et le Musée Narbonne. J’ai  encore le souvenir précis d’un dîner en compagnie de notre ami commun André Soulier dans son appartement de Montpellier, où il habitait avec son épouse Yvonne… Autour de nous, les toiles de ses amis peintres veillaient sur notre conversation. Des peintres sur lesquels Gérard ne manquait pas de nous raconter quelque anecdote sur leur vie ou leur art. C’était un homme de petite apparence physique et  d’une grande modestie. La simplicité même ! Une simplicité rayonnante.  Il portait sur le monde, à plus de 90 ans encore, un regard optimiste et d’une grande sensualité… Charnel ! Ses toiles au style très personnel – ses compositions, sa chromatique sont reconnaissables entre mille – en témoignent. Elles nous disent que ce monde est beau… Oui ! Gérard Calvet était un peintre du bonheur. Il savait en saisir, dans ses paysages, ses natures mortes, ses nues, l’éternelle présence. Tout l’émerveillait !

« Au monde gris des illusions perdues et des morosités citadines, Calvet oppose, avec une conviction singulière, la joie de vivre d’un autre monde où la lumière est reine. » Jean Joubert !

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Commentaires (1)

  • Didier

    |

    Il est décédé en revenant de l’enterrement de son épouse. J’avais son Pic Saint Loup dans mon bureau

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