Il n’est pas interdit de s’informer avant de s’indigner.

Ma 22.7.2025

L’acétamipride est autorisé dans l’ensemble de l’Union européenne, sauf en France. Pourquoi ?
Non pas à cause d’une étude scientifique accablante. L’EFSA (l’Autorité européenne de sécurité des aliments), pourtant peu suspecte de laxisme, a renouvelé son autorisation jusqu’en 2033, en abaissant les seuils admissibles.

Mais en France, le débat est devenu moral, affectif, presque religieux. Une pétition signée par plus d’un million de personnes appelle solennellement le Président de la République à ne pas promulguer la loi qui pourrait assouplir l’usage de cette molécule. Un million. C’est énorme. C’est aussi révélateur.

Non Révélateur de cette époque qui, tout en se proclamant éclairée, cède parfois à des réflexes de panique collective dignes des grandes peurs du Moyen Âge. À l’époque, on brûlait les sorcières. Aujourd’hui, on brûle les agriculteurs dans l’arène morale.

Des milliers de chercheurs, médecins, agronomes dans les autres pays européens accepteraient donc – c’est l’accusation implicite – de collaborer à l’empoisonnement organisé de la nature et des hommes ? Et les agriculteurs français, qui demandent à bénéficier des mêmes outils que leurs voisins pour simplement survivre, seraient les complices d’un crime contre le vivant ?

Une caricature qui tient lieu d’argument. Et qui rappelle celle des anti-vaccins durant la pandémie de la Covid.

L’acétamipride n’est pas inoffensif, bien sûr. C’est un insecticide. Mais à doses encadrées, dans des usages maîtrisés, il est l’un des moins toxiques de sa famille. Il ne s’agit pas de nier les risques. Il s’agit de les hiérarchiser, les documenter, les encadrer, non de les exorciser.

Faut-il rappeler que même le cuivre utilisé en bio est reconnu comme toxique pour les sols, ou que l’alcool est cancérigène de classe 1, ce qui ne nous empêche pas d’en boire avec modération ?

La vraie question est ailleurs. Elle est politique. Et elle est brutale : veut-on encore de l’agriculture en France ? Ou préfère-t-on importer fruits, légumes et céréales, notamment, plus ou moins discrètement, depuis des pays qui produisent avec les molécules que nous interdisons chez nous.

Refuser à nos agriculteurs ce que les autres utilisent, ce n’est pas protéger la biodiversité. C’est délocaliser la production, et avec elle, les problèmes.

L’écologie, pour être crédible, doit s’appuyer sur la science, non sur l’indignation réflexe.

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