Contre-Regards

par Michel SANTO

Je n’ai pas écouté en direct la conférence de presse de F.Hollande !

 

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Hier, je n’ai pas écouté en direct la conférence de presse du Président. Comme celles de ses devanciers ! On n’y apprend en général rien qui ne soit déjà connu , n’ait été annoncé dans de précédentes allocutions ou dévoilé par la presse spécialisée – la people comprise . Sur son tournant social libéral par exemple, à l’exception de son électorat et des dévots qui le composent et des escadrons de militants robotisés du PS , qui ignorait que social libéral il l’était . Certes honteusement pour conquérir le pouvoir, mais qu’il ne peut plus aujourd’hui masquer, la responsabilité du pouvoir de l’Etat le poussant à s’assumer clairement ? Soyons honnête et constatons tout de même qu’hier il a enfin exprimé la vérité de sa ligne idéologique et  sa volonté de l’imposer à sa majorité. Rien de tel pour se faire qu’un vote à l’assemblée engageant la responsabilité du gouvernement pour lui faire valider une politique de l’offre, la baisse des charges supportées par les entreprises et une forte diminution des dépenses publiques. Ce n’est pas rien et annonce une nouvelle étape dans le processus de normalisation social- démocrate de la gauche française – dont je me félicite, et place conjoncturellement la droite républicaine en porte à faux en lui piquant ses principaux thèmes de politique économique  . Nombreux sont ceux , sans doute, qui , en lui permettant d’accéder à la présidence de la République, pensaient et souhaitaient une orientation totalement inverse , et qui aujourd’hui se sentent abandonnés, floués , cocus ou trahis. On peut les comprendre, mais pas forcément les plaindre ! Ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux mêmes, après tout ; il n’est pas interdit en effet de refuser de se laisser embarquer par nos modernes marchands d’illusions dans de lyriques et fausses  espérances. Le recul , l’information, la documentation et la réflexion garantissent seules la liberté de conscience – politique – et l’exercice d’un choix raisonnablement, si je puis dire, rationnel . Comme  je l’ai dit pendant la campagne électorale des présidentielles, de nombreux arguments pouvaient être alors présentés pour envoyer une gauche hollandienne au pouvoir. Par exemple, le fait qu’elle seule pouvait imposer des réformes libérales, au plan économique et social, à des catégories sociales les refusant par principe ou intérêts. N’est ce pas ce que l’on peut commencer à entrevoir ? De ce point de vue l’athéisme politique, que je pratique –  je ne reconnais dans ce domaine ni petits dieux ni petits maîtres – n’est pas sans vertu. Il m’éloigne, à tout le moins, de cette tentation « fusionnelle » et partisane – à la façon d’un Sartre, par exemple – où l’émotion l’emporte sur toute forme de raisonnement . Je l’avoue : c’est peu !  Souvent difficile, mais, bon ! j’assume moi aussi…

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Commentaires (2)

  • Pierre-Henri Thoreux

    |

    J’aimerais être aussi optimiste que vous cher Michel !
    Mais enfin, voilà un homme qui dit à peu près tout et son contraire. Quand faut-il le croire ?
    Le fait est que son action depuis bientôt deux ans est à mes yeux des plus néfastes, à tous points de vues. Je serais bien en peine de citer un seul point positif à porter à son crédit. Je
    n’attends donc rien, ce qui fait que je ne peux être déçu !
    La France est un pays extraordinaire : les politiciens de droite dite « libérale » n’ont de cesse de critiquer le libéralisme lorsqu’ils parviennent au pouvoir (cf les diatribes virulentes de
    Chirac le comparant au communisme, et les discours enflammés de Sarkozy contre « le capitalisme international »). Ceux de gauche à l’inverse, après avoir dit pis que pendre de la « Finance
    internationale » effectuent tôt ou tard un virage « libéral » et se prétendent « amis des entreprises »…
    Tout ça témoigne surtout d’un manque de conviction déplorable. Et converge vers ce marécage étrange qu’on appelle social-démocratie, où pour essayer de se sortir du pétrin, on appuie en même
    temps sur le frein et l’accélérateur…
    Bien à vous.

    Reply

  • Michel Santo

    |

    Cher Pierre-Henri!

    Vous l’avez bien évidemment remarqué, je ne fais ce constat ( du tournant ) que sur le plan idéologique, pour en pointer à la fois les effets politiques à gauche et dans l’évolution de la « 
    culture « , encore archaïque, du parti socialiste et , à droite, en lui  » volant  » ses thèmes, la plaçant en porte à faux. Reste que sa crédibilté sur le plan économique et social va très vite
    pouvoir être constaté. D’autant que je crois pas possible d’arriver en trois ans , avec les mesures annoncées, à diminuer les dépenses de 53 milliards pour financer à la fois des allégements de
    charges pour 35 milliards et le manque à gagner de la branche  » famille « . Et que deviennent les 50 milliards sur lesquels  la France s’est engagée auprès de la Commission pour alléger notre
    dette? Nous serons vite fixé ! Bien à vous…

    Nb: sur cette culture commune gauche et droite réunies, ne peut-on pas la définir comme social-démocrate. Voici ce qu’en dit Laurent de Boissieu , dans son blog ipolitique : « La social-démocratie est aujourd’hui synonyme de socialisme réformiste, même si cela ne correspond pas à la réalité historique (cf. « De la définition de la social-démocratie »). Idéologiquement, la social-démocratie ainsi définie se caractérise par l’intervention de
    l’État (keynésianisme, planisme) dans le cadre d’une économie sociale de marché – et non d’une économie administrée! -, par l’État-providence (sécurité sociale, services publics, politique
    redistributive des revenus) et par la démocratie sociale impliquant les partenaires sociaux (pratique des conventions collectives, paritarisme). De telles orientations correspondent globalement aux politiques économiques et sociales mises en œuvre en Europe entre la crise de 1929 et le second choc
    pétrolier de 1979. Cette idéologie dominante – au sens gramscien – était commune aux partis sociaux-démocrates (ou socialistes ou travaillistes, selon les cultures nationales) et aux partis démocrates-chrétiens de l’après-guerre, ainsi qu’au gaullisme en France.

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