Journées du patrimoine ! À la découverte de la Madeleine de Georges Daniel de Monfreid (1856-1929) | Contre-Regard.com

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Ce week end ce sont les 33 èmes journées du patrimoine et je voudrais vous inviter à découvrir une œuvre qui est une splendeur : il s’agit de la Madeleine de Georges Daniel de Monfreid (1856-1929), présentée au Musée d’art et d’histoire de Narbonne.

Georges-Daniel est moins connu que son fils Henry, le célèbre écrivain-aventurier. Pourtant son œuvre dans le sillage des Nabis et de Gauguin est d’une grande sensibilité et attend encore sa juste reconnaissance. Elle est du côté de la simplicité, de la modestie (tout le contraire de son ami Gauguin) tout en étant exigeante et extraordinairement cohérente. Monfreid avait l’ouverture d’esprit des modernes, mais un tempérament casanier qui lui fit peindre avant tout ses proches, sa famille et ses amis, de préférence dans son intérieur. Casanier mais pas statique, puisqu’il mourut en tombant d’un arbre, à 73 ans.

La Madeleine, peinte en 1891 et prêtée par le Musée d’Orsay, est un tableau d’une tension rare chez ce peintre habité par la douceur. Monfreid lui a prêté les traits d’Annette Belfis, son modèle qui fut aussi celui de Gauguin. A cette époque, Annette, de 13 ans plus jeune que lui, est sa maîtresse. Le tableau nous la montre à demi cachée par un voile pourpre, le visage las, baignée dans une lumière électrique. Mais chez Monfreid la tension n’est pas faite pour durer : de leur relation naîtra Agnès en 1899. Monfreid peindra Annette enceinte, radieuse, dans un tableau qui est comme l’antithèse du précédent. Puis Agnès enfant, dans des œuvres qu’il est un régal de regarder.

En dépit de son aspect abouti et magistral, La Madeleine est une œuvre préparatoire. Elle est une étude pour la seule sculpture de Monfreid, un Calvaire conservé dans l’église de Notre Dame du Paradis à Vernet les Bains, qui ne sera mis en place qu’après la mort du peintre, dans les années 30, par le sculpteur Mallais du Carroy. De Vernet, vous serez à deux pas de Saint-Clément, le château où vécut Georges-Daniel à Corneilla de Conflent, et où une animation est prévue.

En dehors de ce grand rendez-vous européen, le patrimoine continue à vivre, à évoluer, à être étudié, mis en valeur, mais aussi à être menacé. Le site de la Tribune de l’Art se fait un écho savant et militant de la défense du patrimoine culturel : on y accède en cliquant sur (ici)

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