Contre-Regards

par Michel SANTO

L’Europe est nue.

 

 

 

 

Que révèlent « les révolutions arabes » ? Une évidence qui bouscule des doctrines et « des opinions européennes » pour qui la défense des intérêts vitaux de l’Europe est et doit être assurée par les Etats-Unis. Alors même que ces pays sont nos voisins immédiats et non les leurs. Et que nos “intérêts vitaux” sont engagés en plusieurs domaines, échanges, sécurité, immigration, non seulement pour des raisons d’échanges commerciaux ou d’énergie mais parce qu’e l’Europe est en face et très proche des rives de l’Afrique du Nord.

Ce choix de la sous- traitance aux Etats –Unis de notre défense stratégique obère les capacités d’action autonome et limite la portée du projet européen d’autant qu’on ne peut pas exclure, à moyen ou à long terme, la réapparition d’une menace. Ce choix traduit aussi évidemment l’absence de volonté de s’affirmer de l’Union européenne et sa détermination d’assurer sa sécurité au sein de l’Alliance atlantique placée sous commandement et tutelle américains. Or les intérêts américains ne peuvent être du même ordre que les intérêts européens. Au Moyen-Orient, par exemple, le centre des préoccupations américaines est aujourd’hui la préservation des ressources énergétiques dont ils disposent en Arabie Saoudite et la sécurité d’Israël. C’est dire si la Lybie, par exemple, n’est pas une priorité pour eux… Alors que pour l’Europe, engagée en Afghanistan, très loin de ses intérêts vitaux, les budgets hypothéqués par ses armées sont très pénalisants. Pas étonnant que, dans ces conditions,  les Etats-Unis, qui n’en sont pas les initiateurs, ne soient pas enthousiastes, dans l’affaire lybienne. Et le désarroi des Européens, hors la France et la Grande-Bretagne, quand ils sont priés de s’occuper d’eux-mêmes en devient pathétique. Dès lors, nus et incapables de gérer une organisation complexe pour s’assurer de l’efficacité de leur intervention en Lybie, les européens  réclament pour la plupart leur tutelle habituelle, l’OTAN. Pour la première fois dans son histoire récente, l’Europe apparaît dans sa vérité : divisée  et sans capacité d’actions communes pour assurer la défense de ses intérêts vitaux. Une très mauvaise nouvelle dans un monde de plus en plus «  menaçant »…


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Commentaires (1)

  • raynal

    raynal

    |

    Comme je te l’ai dit hièr soir au telephone, j’ai écouté jeudi soir sur la 5 ce vieil homme de quatre vingt seize ans dont la finesse d’observation et la lucidité sereine m’ont stupéfié…J’ai
    nommé Raymond Aubrac.

    Il a dit, entre autres choses, que lorsque un gouvernement, ou que ce soit, est en difficulté, il s’offre a lui 2 options pour essayer de se retablir.

    La première est la designation de bouc emissaire sur un plan interieur sur lequel pourront se focaliser toutes les peurs et tous les fantasmes…La deuxième est l’aventure exterieure qui peut
    permettre de retrouver l’union autour du chef de guerre censé etre le garant des interets superieurs de la patrie…

    Les references historiques nombreuses ne manquent pas de corroborer la justesse de cette analyse…Non ?

    Toute ressemblance avec des evenements d’actualité ne saurait etre qu’une malencontreuse coincidence…

    Cela ne m’empeche pas de penser qu’il fallait aider le peuple libyen et d’approuver totalement cette intervention; d’ou il découle qu’il peut arriver, et c’est heureux que puissent coincider les
    préoccupations electoralistes et les exigences de la justice et du droit des peuples…

    Quand a l’Europe, je pense que c’est une longue marche, les progrès déjà accomplis en finalement assez peu de temps sont immenses dans tous les domaines…Le plus difficile est toujours de mettre
    en place enfin une politique etrangère commune au delà des particularismes de tous ces peuples qui, il y a si peu de temps encore, s’etripaient gaiement.

    On y parviendra a coup sur pour une raison bonne et bien simple qui ne doit rien a l’idéologie ou aux discours angéliques bétifiants…C’est qu’il s’agit tout simplement d’une question de survie
    !

    Encore merci de ton appel..Je te tiendrai au courant de l’evolution de ma situation mais des amitiés comme la tienne me sont précieuses, crois le, par ces jours de gros temps.

    Bien a toi, mon cher Michel.

     

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