Un silence indécent.



L’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale, qui fête ses 10 ans, enregistre dans son dernier rapport un signal inquiétant : les jeunes et les personnes âgées ont été de plus en plus nombreux en 2009 à recourir aux aides sociales et le nombre de travailleurs pauvres ne cesse également de grandir, passant de 1,7 million en 2005 à 1,9 million en 2007, soit 7% des travailleurs. l’ONPES relève aussi «une désespérance accrue des personnes pauvres», de plus en plus dépressives et révoltées. Un phénomène qui n’est pas le simple effet de la crise, mais bien plutôt «l’expression d’un processus long de fragmentation la société française», analyse l’organisme.
Voilà ! Et on se dit que dans une région « pauvre » comme la mienne (le Languedoc-Roussillon), la réalité statistique et humaine dont témoignent ces chiffres doit être encore plus dramatique. Que personne n’en portera témoignage et surtout pas les médias locaux « opiumnisés » par l’indécence et la vulgarité de politiques candidats à leur propre réélection. Qu’il serait peut être bon de tailler dans les dépenses de prestige et de gloriole de nos féodaux modernes pour s’attaquer à ce fléau social plutôt que d’amener « cour », mercenaires et journalistes aux quatre coins du monde visiter de modestes et ridiculement chères « maisons » régionales. Qu’il est de notre devoir enfin de rendre leur dignité à tous ces « invisibles ». A commencer par les reconnaître. Par décence, si ce mot à encore un sens…

 

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