Chroniques

La Cour, encore !

Sa 19.07.2025

La Cour, encore !

Sous l’Ancien Régime, les lettrés savaient à qui plaire pour obtenir pension, protection ou brevet d’office. Molière avait Louis XIV. Boileau aussi. Et Racine finit historiographe du roi. Il y avait des charges, des grâces, des faveurs. Cela s’appelait la Cour, avec majuscule.

Aujourd’hui, les régimes ont changé. Mais les pratiques ? Moins.
La République continue d’aimer et récompenser ses élites. Souvent d’ailleurs dotées de réels talents.

Voyez les nomination d’anciens ministres et conseillers de ministres notamment, sous la 5ème République, et avant, dans les divers Grands Corps de l’État. De jolis tours de piste, digne des salons d’antan. Les marches du pouvoir mènent souvent à des sinécures de velours.

C’est ce que l’on appelle, d’un mot pudique, la reconnaissance républicaine. Une manière polie de recycler les fidèles. De remercier sans trop le dire. L’État a toujours des fauteuils libres pour ceux qui ont bien servi. Ou bien parlé. Ou bien su plaire.

Il ne faut pas s’en étonner. Juste s’en souvenir, quand d’aucuns vantent la méritocratie, la transparence, ou le service de l’intérêt général.

Les monarchies passent. Les mœurs de Cour, elles, restent.

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