Contre-Regards

par Michel SANTO

L’art lumineux d’André Subirana !

   

     

André Subirana est de ces amis que je croise tous les jours dans les rues de ma petite ville. Il aime ces flâneries urbaines où son oeil averti capte des images qui aux nôtres se dérobent. D’un vif et discret « clic », il les fixe parfois, toujours en noir et blanc, qu’à de trop rares occasions cependant il expose. André est un photographe du genre modeste qui aime à dévoiler tout ce que notre quotidien révèle de singulier, d’extraordinaire. Il sait comme personne rendre compte avec une ironie tout empreinte de bienveillance de la solitude ontologique dans laquelle nous sommes tous irrémédiablement plongés. Mais rien de cafardeux toutefois dans ses clichés. À l’opposé d’un pathos pleurnichant à la mode, ses clichés sont nimbés d’un voile de douce et légère mélancolie. André est en effet un humaniste inquiet, mais un inquiet résolument tourné vers la lumière. Son univers intellectuel et son style direct sont ceux d’un homme profondément attaché à ces vies anonymes qu’il saisit au fil et au hasard de son existence errante ; des moments de vies anonymes comme autant de miroirs dans lesquels une part de nous-mêmes y était reflétée. Dans une époque où l’art se confond souvent avec l’esbrouffe la plus extravagante que d’incompréhensibles discours tentent de justifier, l’oeuvre d’André Subirana, toute en sobriété, nous ramène à ce qui en constitue l’essence : la transfiguration du réel ; la révélation de ce qui conduit nos âmes inquiètes. André Subirana a ce talent de nous les montrer. Lumineuses on les caresse du regard le sourire aux lèvres… Comment ne pas les aimer !

       

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