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par Michel SANTO

Le chômage en France: un choix de société!

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6.327.700 personnes sont inscrites dans les différentes catégories que recense Pôle emploi en métropole ou dans l’outre-mer, soit 21 % de plus que lors de l’arrivée de François Hollande au pouvoir. La responsabilité du Président est ici accablante, comme celle de tous ceux qui l’ont précédé. Mais aussi celle, plus généralement, des français, qui restent attachés à un système qui fait du salariat un luxe, notamment en raison du poids des charges sociales. En cela, le chômage est un choix de société bâti sur des systèmes sociaux privilégiant un salaire minimum relativement élevé et des charges pesantes conçus durant les décennies de forte croissance. Ils se retournent aujourd’hui contre les intérêts des salariés les plus modestes comme ceux des classes moyennes. Moins de petits boulots mal payés,  plus de chômeurs de longue durée et plus d’impôts et de la dette pour financer des emplois aidés et administratifs ainsi que des allègements de charges pour les emplois peu qualifiés…  Disons le clairement : un consensus liant les pouvoirs politiques et syndicaux aux français de manière générale. Alors que sous l’effet de la mondialisation et du progrès technologique, les entreprises sont poussées à un arbitrage tragique. Résultat: la machine remplace le salarié, le produit importé chasse le produit fabriqué en France, et la courbe du chômage ne cesse de monter.

L’annonce, la semaine dernière, d’un assouplissement des règles pour le renouvellement des CDD dans les PME ou pour les seuils sociaux dans les très petites entreprises va dans le bon sens. Comme la réforme des indemnités prud’homales, et le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), qui a fait effectivement baisser le coût du travail. Mais on est encore loin du compte pour que les petites entreprises prennent le risque d’embaucher des jeunes et que le chômage reflue.

Plutôt que d’en débattre sérieusement, on préfère, là encore, mettre en scène un affrontement idéologique typiquement français. La loi Macron, qui,  en partie vidée de ses mesures les plus innovantes, en est l’exemple le plus emblématique de ce quinquennat. Rien de révolutionnaire , tout juste de très petits ajustements libéraux, elle ne passe pourtant pas à l’Assemblée . Et Valls , pour la seconde fois , va devoir recourir au 49.3 pour l’imposer à sa majorité…

Dire cela, quand plus de 50 % de la richesse produite est captée et redistribuée par les administrations publiques n’est pas faire l’apologie de l’ultra libéralisme. À ce compte la Corée du Nord serait seulement libérale! Le dire, en effet, c’est tout simplement faire observer qu’il est temps de tirer le voile d’hypocrisie morale et politique qui couvre la France et les français. À condition de  vouloir vraiment faire reculer le chômage dans ce pays.

Le Président étant déjà en campagne et voyageant beaucoup, Macron restera donc le seul à avoir fait bouger quelques petites lignes. En ce sens, et ce n’est pas rien, il aura préparé les esprits, dans une partie de la gauche de gouvernement, mais pas seulement, à aller plus loin sur ces questions. En faisant sauter quelques tabous politiques, à défaut de nouvelles mesures d’ici 2017, hélas!,  il ouvre ainsi le débat de la prochaine présidentielle.

Du moins on peut l’espérer.

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