Le maire et le citoyen.

La figure du maire, en France, est la plus appréciée des Français alors même que notre mode de gestion du niveau communal est probablement un des moins démocratique de l’Union Européenne.

Elu au second degré par le conseil municipal et inamovible, le maire devient ainsi le chef tout-puissant de l’assemblée et le maître des adjoints qu’il nomme et révoque selon son bon vouloir. S’y ajoute la spécialité bien française , avec celle des fromages, du cumul des mandats locaux et nationaux. Cumul impossible partout ailleurs en Europe, sauf en Belgique.

La conséquence de cette exception quasi mondiale en pays démocratiques (une de plus) est que « l’assemblée municipale » ne dispose d’aucun pouvoir de contrôle et de proposition. Phénomène aggravé par la mise en place en 1999 de communautés de communes et d’agglomérations gérant l’essentiel des compétences  antérieurement exercées par les communes (Eau, transports, ordures ménagères, économie…) et dont les présidents sont élus au deuxième voire au troisième degré.

Dans ces conditions, le citoyen ordinaire, comme l’immense majorité des élus locaux , ne peut à l’évidence identifier les véritables enjeux et responsabilités d’une gestion  territoriale locale en réalité empilée sur au moins 9 niveaux institutionnels. Les élections municipales de ce mois ci en sont la caricaturale démonstration. L’on y voit, en effet, des maires de grandes villes et leurs concurrents présenter des bilans et des propositions relevant de leur niveau de gestion, la commune, mais aussi de tous les autres! Un sommet d’incohérence et d’opacité jamais atteint dans notre histoire institutionnelle et politique.

Dans un tel contexte à la limite de l’entropie, notre pays, qui se présente toujours en gardien des principes républicains et en modèle de citoyenneté, serait bien inspiré d’aller voir ailleurs en Europe comment les pouvoirs locaux sont organisés et évoluent vers plus de démocratie. Il y a en effet urgence (une de plus!) 
  

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