Le Pogge ressuscite Lucrèce et la face du monde en est changée…

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En ce moment, lecture de Quattrocento  de Stephen Greenblatt sur ma Kindle. Passionnant!

C’est l’histoire de la découverte par le secrétaire pontifical Le Pogge d’une copie de l’oeuvre de Lucrèce « De rerum nature » dans un monastère allemand.

En découvrant, copiant et diffusant l’œuvre de Lucrèce, le Pogge aura levé le voile sur les Temps modernes, et influencé des esprits aussi puissants que Montaigne ou Machiavel. Stephen Greenblatt, conteur brillant, emporte le lecteur au cœur de ce Quattrocento qui fit revivre l’Antiquité pour la porter jusqu’à nous.

La Renaissance serait donc née d’un livre ! 

Parmi mes notes, celle ci prise au hasard, qui n’est pas sans concordance avec certains aspects de notre société :

« Vers la fin du siècle, l’historien Ammien Marcellin déplorait que les Romains aient abandonné toute pratique sérieuse de la lecture. Il ne parlait pas des raids barbares ni du fanatisme chrétien. Nul doute cependant qu’ils étaient là, en toile de fond. Ce qu’il observait, alors que l’empire se délitait lentement, c’était une perte d’ancrage culturel, une plongée dans une vulgarité fébrile. « À la place d’un philosophe, c’est un chanteur qu’on fait venir, au lieu d’un orateur, c’est un maître ès arts scéniques ; les bibliothèques, à la manière des sépulcres, sont closes pour toujours, et l’on fabrique des orgues hydrauliques, des lyres énormes comme des chariots101. » De plus, notait-il avec aigreur, les gens conduisaient leurs chars à toute vitesse dans les rues bondées. Après une longue et lente agonie, l’Empire romain d’Occident finit par s’effondrer – le dernier empereur, Romulus Augustule, abdiqua en 476 après Jésus-Christ. Les tribus germaniques qui s’emparèrent peu à peu des provinces n’avaient pas de tradition d’alphabétisation. Les Barbares pénétraient dans les bâtiments publics et occupaient les villas sans hostilité affichée envers la culture, mais sans non plus montrer le moindre intérêt pour la préservation des traces matérielles de cette culture » (Emplacement 1435 sur liseuse Kindle)

Et à côté de ce livre numérique, les Facéties du célèbre Florentin , posées elles sur mon bureau, dans lesquelles je plonge  de temps en temps ( chez Anatolia 1994 ). Une satire violente qui démasque l’hypocrisie, le mensonge, la vanité qui forment la vaste fresque de son époque … et de la nôtre.

La XXIII, par exemple, page 60, extrait :

« Il y a très rarement place pour la vertu et le talent. L’intrigue et l’intérêt du moment dirigent tout, à moins que ce ne soit l’argent qui est là, vraiment, le maître du monde »

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Commentaires (3)

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    Elle

    |

    Et Salomon disait : » il n’y a rien de nouveau sous le soleil… ». on jurerait la description de notre époque ; du bruit, du vent, de la mise en scène, du « culturel » en veux tu en voilà pour satisfaire les foules, du ludique pour éduquer les enfants, du vacarme portatif en guise de musique et des tonnes et des tonnes d’artistes dans tous les coins du pays !
    Vous lisez des bouquins drôlement intéressants M. Santo, Je les note pour mes prochaines lectures.
    Pourriez vous me dire ce que signifie « de rerum natura » ? (pas de dictionnaire de latin)

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      Michel Santo

      |

      De la nature des choses , Elle ! Merci de me suivre aussi fidèlement !… Bien cordialement .

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    Floutier

    |

    Je lis actuellement 3 livres en même temps ! Ou je lis lentement. Hypothèse un très vraisemblable… Ou je lis en travers. Méthode numéro 2 que je réprouve ! Parce que je suis incapable de lire vite et bien ! Sourire… Mais je note. Méthode 3.

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