Contre-Regards

par Michel SANTO

Le Président du Cépralmar pêche son directeur chez les « siens ». C’est pas bien !

 

 

Pour restaurer la confiance dans le fonctionnement de notre démocratie, le Parlement a adopté deux lois fondées sur des dispositions simples et exigeantes. Un ensemble qui avant, pendant et après son vote a été fortement critiqué par les représentants des vieux partis. Pour la droite, il dépasse les bornes du souhaitable, c’est à dire du statut quo ; pour la gauche, il ne va pas assez loin, ce serait de la poudre aux yeux. Ce qui ne manque pas de sel pour ces deux majorités aux affaires en alternance, et n’ayant rien ou si peu décidé en cette matière depuis plus de trente ans. Je ne prétends pas que l’arsenal juridique produit en deux mois soit entièrement satisfaisant, loin de là, mais un brin de pudeur à défaut d’un zeste d’honnêteté intellectuelle (et politique, si tant est qu’elle existe dans son expression parlementaire et médiatique !) aurait dû conduire les élus des « vieux partis » qui n’ont pas voté cette loi ou s’en sont abstenus, à un peu plus de modération dans la critique. Cela dit, aucun texte de loi ne pourra jamais empêcher des élus de tous bords d’enfreindre l’esprit même de cette loi et de continuer à polluer notre démocratie par des pratiques à la source de la défiance généralisée des électeurs à leur égard.

J’en veux pour preuve encore la récente décision (1) prise par le président du CEPRALMAR, un satellite de la Région Occitanie dont la vocation est de «  mettre en place une politique capable de répondre aux enjeux économiques des filières halieutiques et à l’aménagement et la gestion des milieux lagunaires et marins ».

À la recherche d’un spécialiste de ces milieux (2), monsieur Lubrano, donc, le dit président, conseiller régional Ps et élu d’opposition de la ville de Sète, aurait finalement choisi une personnalité au profil, dans son esprit en tout cas, dotée d’un incontestable (j’ironise !) capital de connaissances sur ces sujets et d’une expérience professionnelle éprouvée. Monsieur Loïc Linarès, puisqu’il s’agirait de lui, est, en effet, présentement, trésorier de la fédération du Ps de l’Hérault, conseiller municipal Ps de la ville voisine de Frontignan et conseiller communautaire, après avoir exercé, dans un passé récent, les fonctions de secrétaire général du groupe PS à la région Occitanie, groupe présidé par l’ancien député de l’Hérault, monsieur Christian Assaf, coulé aux législatives dernières par la dévastatrice marée électorale d’En Marche. À cet admirable parcours professionnel dans les douces eaux politiciennes régionales, monsieur Linarès affiche aussi, dans son CV, une formation (en un lieu indéterminé ! ) de « cadre de l’économie sociale et solidaire dans l’éducation populaire » (!!), dont le caractère opérationnel pour répondre aux besoins des acteurs des filières halieutiques et lagunaires occitaniennes, ne saurait, certes, surprendre les amateurs de bouillabaisses politico-professionnelle locales, mais ne cesse d’étonner, depuis, les conchyliculteurs et pêcheurs de l’étang de Thau ; et, de façon plus générale, les contribuables-électeurs que nous sommes, avant tout soucieux du bon usage de l’argent public que nous avons délégué à la Présidente de la Région, Carole Delga, et au président du CEPRALMAR, monsieur Lubrano.

Que l’on m’entende bien ! Je n’ai rien contre le changement d’orientation professionnelle dans le cours d’une carrière, bien au contraire. J’en ai toujours fait la promotion, et l’ai souvent pratiqué, pour mon plus grand profit d’ailleurs. Mais on admettra sans peine, qu’en la circonstance, la récente nomination de monsieur Linarès par son « camarade », ami et « voisin » communal monsieur Lubrano, en regard de ses mandats électoraux, de son « cursus professionnel » (!) et de sa formation (re !), s’apparente d’assez près à une forme de « népotisme politicien » – assez courante, hélas ! , dans cette région, plutôt qu’à une procédure de sélection ouverte et rigoureuse.

Rapportant cela à un ami, ce matin, je lui faisais observer que, décidément, rien ne ferait changer le comportement de certains élus tant était puissant leur sentiment de vivre dans une « bulle » imperméable au changement de moeurs, dans le domaine politique, et de ceux en particulier que la société ne peut plus tolérer. Le droit ne pouvant pas à lui tout seul – penser le contraire serait absurde… et dangereux – tout régler, ne reste donc plus que leur exposé sur la place publique et la « pression » de l’opinion pour tenter d’en limiter les plus manifestement contraires au rétablissement de la confiance dans le fonctionnement de notre démocratie. Ce billet n’a pas d’autres prétentions !

(1)  l’Agglorieuse (2) La fiche de poste est ici

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